Aimez-vous le porto? Moi, ça dépend.

Il y a peut-être une dizaine d’années, le Québec est tombé en amour avec le porto, au point de devenir un des marchés les plus convoités au monde pour les portos haut de gamme. Les sections dédiées au porto dans les SAQ s’élargissaient sans cesse, et la course aux Vintage, la catégorie la plus convoitée, était assez intense. Le Québec représentait plus de 40% des ventes de porto au Canada, avec accent sur les meilleures catégories.

Depuis, la vague est un peu retombée, mais le porto reste encore très populaire. Pas comme vin de tous les jours, mais certainement pour les occasions spéciales et les cadeaux, selon ce que j’ai pu constater fréquemment lors d’anniversaires et autres moments de réjouissances.

Justement, c’est en cadeau que j’ai reçu la bouteille de Colheita 1997 de la maison Dow’s que j’ai dégusté au cours des derniers jours. Le colheita est une catégorie bien intéressante de portos. Il appartient à la famille des tawnies, des vins qui sont normalement vieillis assez longuement en fût de chêne (à l’inverse des vintage ou late bottled vintage qui sont embouteillés plus jeunes, avec un accent plus grand sur le fruit). Toutefois, contrairement à la plupart des tawnies  qui rassemblent plusieurs millésimes pour créer un vin d’un âge moyen de 10 ans, 20 ans ou 30 ans, voire 40 ans, les colheita proviennent d’une seule année.

Le millésime 1997, dans le Douro, a produit des vins sérieux, d’une concentration particulièrement remarquable (voir la page de la maison britannique Berry Bros and Rudd à ce sujet), et au très bon potentiel de vieillissement. Résultat, même après une dizaine d’années en fût (l’embouteillage a eu lieu en 2007, nous informe la contre-étiquette) le colheita de Dow’s paraît presque trop jeune. Des saveurs de raisin sec, de figues séchées et d’épices explosives, dans un ensemble très gras, très riche. Long en bouche, opulent, séduisant, à déguster agréablement avec des noix et des fruits séchés, en fin de repas ou en soirée. Une tarte aux noix et caramel me semblerait une autre option fort agréable. Quoi qu’il en soit, pas de mal à croire que les 1997 ont une longue vie devant eux.

Personnellement, même si j’apprécie bien en reprendre un petit verre ici et là, je l’aurais aimé un peu plus âgé, avec les saveurs plus complexes et plus fines de tabac et de cuir, entre autres, qui se développent au fil du temps. Les styles plus riches et plus axés sur le fruit me plaisent moins, à la longue. Pour le côté plus fruité, autant se tourner vers des Maury ou des Banyuls: avec 16% d’alcool, plutôt que le 20% du porto, ils trouvent un peu mieux leur équilibre, dans ce registre. À mon avis, bien entendu.

Car sous le chapeau unique du porto, on retrouve une grande diversité de styles, du porto blanc sec au late bottled vintage à boire en jeunesse avec son fruit exubérant. Chacun peut y trouver le style qui lui convient le mieux, pour l’agencer avec les fromages ou le dessert, pour l’offrir à l’apéro ou au digestif.

Et vous, savez-vous quel est votre style de porto? Justement, si vous voulez en apprendre plus sur le sujet et que vous êtes dans la région de Québec, sachez que l’Amicale des sommeliers du Québec organise, le 22 janvier prochain, au Centre de formation professionnelle Fierbourg, une dégustation qui fera le tour de tout le panorama des portos, du blanc au tawny en passant par les vintage et late bottled vintage. De quoi vous permettre de préciser le style qui vous plaît le plus et de mieux comprendre la diversité de cette spécialité portugaise.

Au-delà de cet événement dans la capitale, sachez que les différents chapitres de l’Amicale, un peu partout au Québec, organisent régulièrement des dégustations qui semblent très agréables et qui sont très variées. Ouvertes aux membres (un membership annuel coûte une trentaine de dollars), les activités ont de quoi développer les connaissances et le sens de la dégustation. Il y a même des repas gastronomiques, comme celui qui aura lieu le 6 février à l’Azalée Sushi-Bar, à Sillery, un des secrets culinaires les mieux gardés de la région de Québec, où les sushis inventifs et les « tapas » japonais sont d’une grande originalité. Le genre de choses auxquelles on peut facilement prendre goût…

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