Les vignerons du Jura (pour vrai!) et un grand Alsacien au Québec

Le volcan islandais semblant nettement plus calme, il semble bel et bien que la délégation du Jura qui devait venir nous voir au Québec en avril sera bel et bien là, la semaine prochaine pour présenter ses vins jaunes, macvins, poulsards, trousseaux, savagnins ouillés ou pas, chardonnays, crémants et autres curiosités qui sauront vous mettre aux Arbois.

Les vignobles du Jura, depuis le domaine Désiré-Petit, à Pupillin

Le 16 juin, (suite…)

Riesling Jubilée 2005, Hugel: une note de dégustation et un hommage

La nouvelle a couru très vite, quelques heures à peine après son décès. Jean Hugel, patriarche de cette célèbre famille d’Alsace, plus connu comme Jeanny ou Johnny, est mort parmi les siens mardi soir, à l’âge vénérable de 84 ans. Un décès qui a été accueilli par une multitude de salutations senties et d’hommages, rendus par de nombreuses autorités et grandes figures du monde du vin.

Jancis Robinson y était presque la première, se remémorant ses rencontres avec le fier défenseur du vin alsacien et livrant le témoignage d’Étienne Hugel sur les derniers moments de son oncle. Sur le blogue de la maison Hugel, tenu justement par Étienne, les témoignages s’ajoutent d’heure en heure, avec des noms comme Christian Pol-Roger, Nicolas Jaboulet, Marc Perrin (Beaucastel), le chroniqueur Michel Bettane ou Pierre-Henry Gagey (président de l’Interprofessionnelle de Bourgogne). Le monde du vin salue une de ses grandes figures.

Le mot n’est pas galvaudé. Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, Jeanny Hugel a travaillé avec énergie à la reconnaissance des vins d’Alsace, notamment pour assurer une reconnaissance légale stricte aux vins de vendange tardive et de sélection de grains nobles. Il avait aussi oeuvré à la reconnaissance des meilleurs terroirs alsaciens, avant de claquer la porte devant un processus qu’il jugeait trop empreint de compromis. Pas question pour lui d’appuyer un concept dilué.

Et c’est ainsi que le Riesling Jubilée, la cuvée haut de gamme de la maison, provient du coeur du grand cru Schoenenbourg, même si on ne le dit pas, par principe, sur l’étiquette. On est, quoi qu’il en soit, dans un excellent terroir, sur une excellente année avec le millésime 2005.

Voilà un vin net, droit et fier, qui montre déjà tout son potentiel et son caractère, même s’il est clair, en le goûtant, qu’il sera bon pendant des décennies. La robe va dans le même sens, avec ses reflets verdâtres qui expriment la jeunesse du vin.

Le nez, compact, livre tout de même toute la complexité du vin: un peu de fruit à chair blanche, des notes florales, du conifère et des fines herbes, aligné sur une trame minérale qui annonce subtilement les aspects pétrolés que le riesling prend avec l’âge. 

L’attaque est claire, marquée par l’acidité franche d’un riesling bien mené et par des notes minérales affirmées. Le fruit mûr se révèle derrière ces premières impressions, avec du citron, de l’abricot frais et un peu de pomme cuite. Les saveurs sont intenses, la bouche ample, l’amertume finale s’intégrant parfaitement à un ensemble, ma foi, tout à fait impeccable.

En prime, sur une note bien personnelle, le nez évoque pour moi mes premières impressions spécifiques de vin, senties chez mes grand-parents lors d’une fête de famille. La minéralité du riesling et moi, ça fait longtemps qu’on se fait de l’oeil…

Alors voilà. En terminant ce billet, tout absorbé par la beauté de cette cuvée – qui ferait bien l’affaire avec du homard, mais qui était parfaite avec ma petite tartine de rillettes de canard de chez Julien Dupont, sympathique éleveur de Tewkesbury, au nord de Québec – je lève mon verre à la santé de M. Hugel, dont les vins continuent, depuis une bonne vingtaine d’années, d’être un rendez-vous régulier pour moi. Jamais été déçu. Et si le passé et garant de l’avenir, je serai encore au rendez-vous pour des années à venir. Ne serait-ce que pour goûter, à maturité, cet excellent Jubilée.

Published in: on 11 juin , 2009 at 6:15  Comments (1)  
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Un peu de riesling, avec votre boeuf? Et pourquoi pas dedans…

J’ai fait une saprée belle découverte, récemment, grâce à un collègue journaliste et blogueur viticole, Dave McIntyre, qui écrit notamment pour le Washington Post et qui m’a invité à faire partie du Regional Wine Writing Project, qui fait découvrir les vins de toutes les régions de l’Amérique du Nord, de l’Illinois au Québec en passant par le Colorado et la Virginie.

Dans un article sur un voyage récent en Allemagne, McIntyre mentionnait un repas de Rieslingbraten, un boeuf braisé d’abord mariné longuement (de trois à six jours!) dans le riesling. J’étais pour le moins intrigué, alors (suite…)

VdV 18: la synthèse des pinots

Et alors? Qu’est-ce qui a pinoté dans les verres des vendredistes? Du pinot noir de Bourgogne, d’Alsace, du Jura, du Valais, de Californie, d’Australie et du Languedoc. Mais il y aurait pu y avoir autre chose dans le verre.

Car comme le rappelle Toon, toujours fidèle aux VdV par commentaire, « J’aurais pu vous parler d’un Côte-Rôtie VV 1994 de Guy Bernard qui pinote un max. En effet, on dit des vieilles syrahs de la Blonde qu’elles pinotent. » C’est bien vrai. De nobles syrahs faisant dans la dentelle, voire de vieux nebbiolos traités en douceur peuvent aussi gagner cette limpidité visuelle et aromatique qui nous font dire que ça pinote. Néanmoins, Toon est resté dans la stricte observance avec (suite…)

Un petit coup de Hugel, en direct sur Internet

Petite aventure amusante, jeudi soir, alors que je me suis joins à un Twitter Taste Live – bref, une dégustation en direct via le site de micro-blogging Twitter. La soirée était consacrée aux vins de la maison Hugel et fils, avec la présence en ligne (à une heure du matin, en France!) d’Étienne Hugel, qui a animé le tout de façon fort sympathique.

Organisée par Bin Ends, un marchand de vin du Massachusetts, la dégustation en ligne a réuni (suite…)

Bercé par le muscat

Vendredi soir dernier, j’étais, à la fin d’une longue semaine et d’une longue journée, passablement crevé et en besoin d’un petit réconfortant. Je regardais quelques nouvelles bouteilles, sans rien trouver qui me convenait. Ce n’était pas un soir pour du jamais dégusté, pour de la découverte et de la curiosité.

Non, ce qu’il me fallait, c’était du connu et du réjouissant. Un vin dans lequel je pourrais retomber comme on se laisse bercer dans un hamac, sous les arbres, par un bel après-midi d’été.

En passant à la cave, (suite…)

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