Dégustation: Gran Viña Sol 2005

En général, j’aime beaucoup découvrir de nouveaux vins, sortir des sentiers battus, goûter des cépages méconnus, des appellations lointaines ou minuscules. L’infinie variété du monde du vin est ce qui me fait le plus plaisir.

Malgré cela, il y a des vins auxquels je reviens avec la régularité d’un mouvement d’horlogerie. Comme le Gran Viña Sol de la maison catalane Torres, une aubaine à quelque 17 $ CDN (prix de la SAQ) et un plaisir constant d’année en année, tout en ayant ses variations propres à chaque millésime. Produit en quantité industrielle, le vin ne manque pas de nuances pour autant.

Dégusté la semaine dernière, le millésime 2005 s’est avéré particulièrement réussi. Comme toujours, la présence d’une dose de parellada, cépage catalan utilisé notamment pour les vins mousseux de la région, les cavas, confère une dose de fraîcheur supplémentaire à ce chardonnay bien mûr, plein de saveur et particulièrement équilibré. Formé en Bourgogne, Miguel Torres penche visiblement plus pour les chardonnays de là-bas que pour les gros vins du Nouveau Monde. Une minorité du vin séjourne en fûts de chêne (la majorité en inox) et une minorité passe par la fermentation malolactique, ce qui permet de maintenir une bonne acidité et une belle vivacité au vin. L’approche semble assez fréquente chez les producteurs de climats chauds qui veulent éviter les vins joufflus. Et dans le cas du GVS, elle produit un beau vin de soif, qui démontre une belle finesse, pour la catégorie et le prix.

Le Milmanda, chardonnay haut de gamme de la maison, issu d’un seule vignoble situé dans l’appellation Conca de Barbera, montre un style similaire, en plus fin et en plus complexe, avec un prix à l’avenant, on s’en doute bien.

Le Gran Viña Sol peut facilement se mettre de côté pour une garde de quelques années, pour les meilleurs millésimes du moins. L’évolution de notes beurrées, briochées et toastées, que la fraîcheur du parellada, combinée à une vinification réfléchie, continuent de rafraîchir, rend l’aventure aussi agréable qu’accessible pour des amateurs de vins curieux, mais ayant peu de moyens pour garnir leur cave. Remarquez, il ne faut pas exagérer: au-delà de cinq ans, j’ai vu quelques bouteilles de GVS s’affadir passablement.

Pour la plus longue garde, en blanc, on se tournera plutôt vers le Fransola, un vin de sauvignon blanc tiré d’un vignoble situé en haute altitude, dans le Penedes. Le millésime 1994 s’est avéré complexe, ouvert et encore d’une étonnante fraîcheur, lorsque dégusté l’année dernière. Autre produit extraordinairement fiable de la maison Torres, le Fransola ne manque pas lui non plus d’agréables variations, d’un millésime à l’autre, autour d’une conception précise et disciplinée du cru, élaborée au fil des ans par Miguel Torres.

En rouge, il y a notamment le Mas La Plana, mais ça, c’est une autre histoire… J’en ouvre un bientôt et je vous en reparle.

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Published in: on 11 septembre , 2007 at 5:16  Comments (1)  

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