Dégustation: Pinot Noir Fût de Chêne 2008, Trapiche, Mendoza

À Cahors, on fait du malbec. Dans le Mendoza, on fait du malbec.

À Cahors, on ne fait pas de pinot noir. À Mendoza, ça ne les empêche pas d’essayer.

Mon ami Frédéric, avec qui j’importe du vin, dis toujours que je vois toujours le bon côté de la bouteille. Que j’ai toujours quelque chose de bon à dire sur un vin.

Ça doit être vrai, j’en ai trouvé une pour ce vin: les arômes de cerise et d’épices sont assez typiques du pinot noir et assez agréables.

Ça va s’arrêter là.

Pour le reste, le pinot noir fût de chêne 2008 est plutôt rêche. On sent l’alcool, le soleil qui a plombé pas mal (l’étiquette dit 13,5%, mais la fiche du vin sur le site de Trapiche dit 14% et ça ressemble plus à ça, à mon avis). C’est pas mal coloré – ce qui, pour un pinot, n’est pas nécessairement un plus. Reste un peu d’épice – qui fait plus chêne que pinot.

Bref, c’est pas super. Pour un dollar de moins la bouteille (le pinot est 14,90$), le malbec fût de chêne ou le cabernet sauvignon fût de chêne de la même maison donnent quelque chose de plus intéressant, mieux calibré et plus équilibré.

Que voulez-vous, faire du pinot à grande échelle – et en pays chaud, en plus – ce n’est pas une entreprise qui a de grandes chances de succès. Même avec les avantages notables que possède l’Argentine au chapitre des coûts, ce n’est pas facile d’arriver à bien exprimer la nature capricieuse de ce cépage sans prendre une approche méticuleuse. Chez Trapiche, on n’y est visiblement pas arrivé.

Allez, on greffe du tempranillo là-dessus et on n’en parle plus?

Red Angel on the Moonlight 2006, pinot noir, IGT Venezia Giulia, Jermann

C’est bien mon genre, ça. À la recherche de quelque chose de différent, je prends un vin au hasard : un rouge d’un producteur de Vénétie Julienne, à l’étiquette intrigante, au nom tout à fait distinctif d’Ange Rouge au clair de lune, et intrigant aussi parce qu’il s’agit d’un pinot noir hors de ses zones traditionnelles de confort. En faisant mes recherches pour en savoir plus, au moment d’ouvrir la bouteille, je m’aperçois que le producteur en question, Sylvio Jermann, est avant tout reconnu pour ses blancs. Les meilleurs blancs d’Italie, selon certains.

Découvrir un producteur de blanc par les rouges, voilà le genre de détours que j’apprécie et qui accentue, ici et là, mon cheminement dans le vin. Les chemins de traverse, j’aime bien.

Ceci dit, en découvrant le vigneron ainsi, est-ce que je serais rentré au château par les dépendances, plutôt que par l’escalier monumental? En tout cas, le vin n’a pas l’air d’une arrière-pensée. Et il est tout à fait particulier.

Rond et agréable, mais avec une profondeur certaine, le Red Angel on the Moonlight offre des arômes intenses et invitants, avec d’intrigantes notes végétales, bien intégrées à un tout harmonieux. En bouche, une belle présence, une souplesse intéressante, des saveurs attrayantes de fruits rouges et toujours ces notes herbacées, un peu d’épices, mais aussi une substance et des tannins atypiques par leur ampleur.

Ce caractère atypique s’explique certainement par la présence de 15% de cabernet et de merlot – un détail qui explique aussi l’intrigante formulation de « Vino rosso a base di uve pinot nero », vin rouge à base de pinot noir, inscrite au bas de l’étiquette. C’est tout de même le caractère du pinot qui domine. Et l’assemblage, s’il est peu courant, n’a rien d’une anomalie, puisque le tout est assez harmonieux.

Le seul ennui, c’est que c’est le genre de vin qui fait dépenser. Après avoir dégusté ce vin qui sort de l’ordinaire, j’aurai le goût d’y retourner, de laisser vieillir une ou deux bouteilles et surtout, de goûter ces blancs dont on dit tant de bien (voir cette note de l’excellent Jamie Goode, sur le blog Wine Anorak). Ça tombe bien, plusieurs des vins de Sylvio Jermann sont présentement disponibles – en petites quantités, mais à plusieurs endroits – dans les succursales de la Société des alcools. Une idée de cadeau de Noël, peut-être?

Un mot de chez Musar, un autre endroit pour déguster et du très très bon Bourgogne

Un article sous l’angle de la continuité, ici.

D’abord parce qu’après avoir écrit ma note de dégustation sur le Château Musar 1991, j’ai envoyé un courriel au Château pour obtenir quelques informations supplémentaires. J’ai reçu une réponse aussi rapide que gentille et précise signée Gaston Hochar, le petit-fils du fondateur, qui fait les vins avec son père Serge.

En voici un extrait, (suite…)

VdV 18: la synthèse des pinots

Et alors? Qu’est-ce qui a pinoté dans les verres des vendredistes? Du pinot noir de Bourgogne, d’Alsace, du Jura, du Valais, de Californie, d’Australie et du Languedoc. Mais il y aurait pu y avoir autre chose dans le verre.

Car comme le rappelle Toon, toujours fidèle aux VdV par commentaire, « J’aurais pu vous parler d’un Côte-Rôtie VV 1994 de Guy Bernard qui pinote un max. En effet, on dit des vieilles syrahs de la Blonde qu’elles pinotent. » C’est bien vrai. De nobles syrahs faisant dans la dentelle, voire de vieux nebbiolos traités en douceur peuvent aussi gagner cette limpidité visuelle et aromatique qui nous font dire que ça pinote. Néanmoins, Toon est resté dans la stricte observance avec (suite…)

Dégustation: Clos Jordanne, Pinot noir village réserve 2004, Niagara Peninsula

La première fois que j’ai dégusté les pinots noirs (et un chardonnay) du Clos Jordanne, création conjointe de Boisset et de Vincor, c’était à l’automne 2006, en préparation d’un arrivage de nouveaux vins de la revue Cellier, en compagnie des Connaisseurs de la SAQ. Une fort belle dégustation de vins des Amériques où ces pinots bio s’étaient démarqués par leur finesse et leur subtilité. Un beau contraste, quand on déguste une cinquantaine de vins d’un continent qui tend à favoriser la puissance et l’exubérance.

C’est donc sans hésiter que je me suis procuré quelques bouteilles du millésime 2004, le premier commercialisé par la maison, lors de leur arrivée en succursale, au printemps 2007. Les vignes sont donc très jeunes, mais malgré tout, le vin montre une très grande promesse. Une bonne acidité, des arômes de fruit rouge (suite…)

Dégustation: Chambolle-Musigny 2001, Patrice Rion

J’avais été très séduit par le chambolle-musigny 2001 de Patrice Rion, à l’origine, il y a peut-être trois ans, quand je l’avais dégusté tout fringant, en jeunesse, intensément aromatique et fruité. Bien du plaisir à boire. «Un peu cochon», m’avait même dit Jean-Sébastien, un bon ami sommelier.

Un peu trop, peut-être. La séduction facile n’est pas nécessairement un gage de durée.

Ce soir, c’était la Saint-Valentin. Le côté séduisant du Rion me semblait assez approprié merci.

Il y en avait encore, de la séduction, mais mettons qu’avec quelques années de plus (suite…)

Published in: on 15 février , 2008 at 7:12  Comments (2)  
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