Un peu plus de nature à la SAQ

Ce matin même, quand les SAQ Sélection ouvriront leurs portes, elles auront pris un air un peu plus nature qu’à l’accoutumée. En effet, le nouvel arrivage de la revue Cellier comprend le Morgon de Marcel Lapierre, un vin quasi-légendaire chez les amateurs de vin nature.

Que veut-on dire par vin nature? Au sens strict, cela signifie un vin fait de raisins biologiques, vendangés à la main, vinifiés avec des levures naturelles, sans aucun ajout d’éléments oenologiques (enzymes, tanins, acidification, etc.), non-collé, non-filtré et sans aucun ajout de soufre, ce composé ajouté de façon routinière aux moûts en fermentation, de nos jours, pour assurer une fermentation « propre » du vin. Ou s’il y a soufre, des quantités minimes ajoutées au moment de la mise en bouteille, pour stabiliser le vin et faciliter son transport et sa conservation.

On s’entend, faire du vin comme tel, avec une matière vivante et capricieuse comme le raisin, c’est tout un défi. Assurer des fermentations nettes, (suite…)

Publicités

Vin et musique à Tout le monde s’en fout: cette fois, le volcan

Il y  a des semaines qui passent plus vite que d’autres. A priori, c’était dimanche que j’aurais dû publier ce billet, à propos de la deuxième chronique vin et musique que j’ai eu le plaisir de concocter avec Arnaud Cordier, pour l’émission Tout le monde s’en fout, animée par Matthieu Dugal. Puisque l’émission est diffusée le dimanche sur les ondes de Vox, ça aurait été bien coordonné.

Mais la beauté de la chose, c’est que l’émission est toujours en ondes, sur Internet. Vous avez toujours l’occasion d’aller la voir en ligne, à votre convenance.

La dernière fois, la chronique s’était faite sous le signe du tremblement de terre. Cette fois, elle a fini par se faire sous le signe du volcan puisque j’y évoquais la venue d’une vingtaine de vignerons du Jura au Québec, cette semaine, une visite qui a toutefois dû être reportée à une date ultérieure à la toute dernière minute (après l’enregistrement et juste avant la diffusion0 à cause de la suspension des vols sur une bonne partie de l’Europe. Dommage en diable – mais il paraît que ça devrait se refaire vers la fin mai ou le début juin. Surveillez ce blogue pour des nouvelles, dès qu’on en a.

Le vin du Jura qui était représenté à la chronique vin et musique était le Chardonnay Les Graviers 2007, appellation Arbois, de Stéphane Tissot. Un vraiment beau chardo, vivant, avec une belle acidité, un nez déroutant avec des notes fumées, un peu d’agrume et une gentille touche oxydative, tout à fait singulier, complexe et pourtant facilement séduisant. Ce qui m’avait fait songer à cette bouteille, c’est le côté jazzé de la musique d’Antonio 2, le sympathique disque de David Brunet sélectionné par  Arnaud Cordier. Écoutez la chronique, vous verrez ce que je veux dire.

Twitter, vin et musique

Pour le reste de la chronique, nous avons harnaché la puissance de Twitter. C’est à dire qu’on a demandé à Phantogram et à Plants and Animals, les deux autres groupes concernés, de nous dire quels sont leurs vins préférés. Sympathiques, ils ont répondu: Phantogram ici et Plants and Animals ici, de façon particulièrement précise. Très gentil. On les en remercie.

Les New-Yorkais de Phantogram – dont l’album Eyelid Movies est vraiment excellent – avaient un oeil sur la Californie, alors on leur a servi un Californien juste un peu extraterrestre, le Cigare Blanc créé par Randall Grahm, chez Bonny Doon. Du moelleux avec une pointe d’acidité: vrai pour le vin, aussi pour la musique.

Plants and Animals, avec leur nom très écosystémique, nous avaient signalé deux cuvées bio de la Loire. Avec du beaujolais bio, L’Ancien 2008 de Jean-Paul Brun, on se disait qu’on était dans la même famille. Bien que la musique du groupe irait aussi bien avec le soleil californien, on était contents de boire ce vin élégant et plein de fruit et de caractère qui serait certainement tombé dans leur goût.

Brun, en passant, sera parmi la délégation du Beaujolais qui, elle, semble bien vouloir être au Québec la semaine prochaine, puisque les restrictions de vol ont été généralement levées sur l’Europe. On les attend avec impatience.

On attend aussi avec impatience le passage d’Ariana Occhipinti, brillante vigneronne de Sicile qui sera à Montréal en début de semaine prochaine. Voyez ce que je disais de son nero d’avola aux allures presque plus bourguignonnes que siciliennes, il y a un an et demi, et vous aurez envie de vous pointer mardi soir, 27 avril, au Pullman, pour une soirée où ses vins seront à l’honneur – et elle aussi. Je dis ça comme ça, mais en Sicile aussi, ils ont l’habitude des volcans.

Le Jura et le Beaujolais débarquent au Québec (et la Californie, aussi)

Il y a pas mal de belle visite viticole en vue au Québec, d’ici la fin avril. Et surtout, de la visite rare.

C’est quand, la dernière fois que vous avez vu une délégation de vignerons jurassiens débarquer par ici? Même pas de mémoire d’Olif, je parie… Olif, grand défenseur des vins si particuliers du Jura, sera certainement assez heureux de voir une aussi belle délégation de vignerons de ce coin de pays se pointer au Québec. OK, vous ne les connaissez peut-être pas – mais vous devriez.

Stéphane Tissot fait partie de la délégation de vignerons du Jura qui sera de passage au Québec la semaine prochaine.

Le passage des Jurassiens à Montréal et à Québec concerne aussi bien le grand public que les professionnels du vin et les médias.

Pour le grand public – ou en tout cas, les amateurs de vin, le premier rendez-vous a lieu à Québec, lors d’une Fête des vins du Jura réunissant une vingtaine de vignerons au Cercle, rue Saint-Joseph, le lundi 19 avril. Cocktail dînatoire et vins inédits sont au rendez-vous.

Les deux jours suivants, la Mission Passion Jura proprement dite, organisée par LLP Experts en vin, la maison responsable de l’organisation du Salon des vins et spiritueux de Québec, battra son plein à Québec et à Montréal. Le 20 avril, les professionnels de Québec sont conviés au pavillon de l’Espace 400e, dans le Vieux-Port, de 11h à 16h, pour découvrir les poulsards, trousseaux, vins jaunes, macvins, crémants du Jura, chardonnays, pinots et savagnins amenés par les 23 vignerons – dont six sont à la recherche d’agents promotionnels au Québec. Le 21 avril, le même groupe sera à Montréal, à la Galerie du Gouverneur, au siège social de la SAQ, rue de Lorimier, également de 11h à 16h. Entretemps, le mardi soir, des vignerons seront présents au Petit Extra, rue Ontario, à Montréal, ainsi qu’au St-Urbain, où il reste peut-être une ou deux places pour un menu fait sur mesure (maquereau fumé, comté, pintade…) pour les vins du Domaine Rijckaert. accompagneront le menu du soir.

On leur souhaite bon succès. Le Jura est un des endroits au monde où le vin sort le plus (et le mieux) des sentiers battus. Un exemple de biodiversité viticole qui mérite d’être mieux connu et diffusé au Québec.

Les Beaujos aussi

La semaine suivante, c’est au tour d’une forte délégation du Beaujolais de se pointer de ce côté-ci de l’Atlantique. Une trentaine de maisons, au total, toutes tendances confondues, des gros joueurs comme Jadot, Bichot, Duboeuf et Mommessin, mais aussi des artisans du vin nature et du renouvellement des crus de cette région encore sous-estimée comme le Domaine Marcel Lapierre, le Domaine du Vissoux, le Domaine Jean Foillard, le Domaine des Terres Dorées et le Domaine Les Marcellins. Tout ce groupe sera réuni lors d’un salon au Marché Bonsecours de Montréal, le 28 avril, et des activités auront lieu ailleurs pour le public oenophile.

On me permettra de noter particulièrement le passage à Québec de Marcel Lapierre, Georges Descombes, Jean Foillard et Christophe Pacalet , le 27 avril. Après un salon au 47e Parallèle en après-midi, les vignerons seront au rendez-vous en soirée au Clocher Penché, pour un souper vigneron qui vaudra certainement le détour. Lapierre, Descombes et Pacalet seront également réunis chez Toqué, à Montréal, le 29 avril, pour un autre souper sur mesure qui ne devrait pas décevoir. En prime, le souper de Montréal viendra donner un coup de main à Louis-Antoine Luyt, du Clos Ouvert, un Beaujolais transplanté dans l’hémisphère Sud, fortement affecté par le tremblement de terre qui a frappé le Chili à la fin février.

Retour californien

Moins inhabituel, le retour du Festival des vins de Californie – une trentième tournée canadienne – vaut également la peine qu’on s’y attarde. Présenté le 14 avril à Montréal, le 16 avril à Québec, le 19 avril à Toronto et le 20 avril à Ottawa, le Festival permet aux professionnels (l’après-midi) et aux amateurs (en soirée) de déguster les vins de domaines tels que  Arrowood, Heitz, Bonny Doon, Seghesio, Ridge, Ravenswood, Stag’s Leap, Clos du Bois, Bonterra, Hess Collection et L’Aventure, pour n’en nommer que quelques-uns.

Là aussi, les amateurs ont de quoi trouver leur compte. Et en prime, les présentations de Québec et Montréal sont aussi des levées de fonds pour des oeuvres de bienfaisance. Bref, une opération de bon goût à tous les chapitres.

Pelissero, Tissot, Perrin…: de la belle visite au Québec

Quand les vignerons passent en ville, ça fait toujours plaisir. Et ça fait d’autant plus plaisir quand les visiteurs sont de belles pointures, qui apportent des contributions originales et significatives au monde du vin.

Au Québec, on va être gâtés, au cours des prochaines semaines, notamment grâce aux événements Montréal en Lumière, en février, et au tout premier Salon international des vins de Québec, en mars.

Mais avant ces événements, (suite…)

Note de dégustation: Arbois Savagnin 2003, La Cave de la Reine Jeanne

Cousin du traminer, connu en Suisse sous le nom de païen ou heida, le savagnin est un joli trésor viticole qui fait la gloire toute particulière des vins du Jura. C’est de ce raisin que l’on fait les fameux vins jaunes et vins de paille aux saveurs particulières. Des vins dont les arômes de noisettes et le caractère oxydatif ne laissent personne indifférent, c’est le moins qu’on puisse dire.

Un très bel exemple des capacités particulières du savagnin a été concocté par l’excellent Stéphane Tissot pour La Cave de la Reine Jeanne, un projet spécifique de ce vigneron au sein du domaine familial. L’Arbois savagnin 2003, se situe en effet (suite…)

VdV 18: la synthèse des pinots

Et alors? Qu’est-ce qui a pinoté dans les verres des vendredistes? Du pinot noir de Bourgogne, d’Alsace, du Jura, du Valais, de Californie, d’Australie et du Languedoc. Mais il y aurait pu y avoir autre chose dans le verre.

Car comme le rappelle Toon, toujours fidèle aux VdV par commentaire, « J’aurais pu vous parler d’un Côte-Rôtie VV 1994 de Guy Bernard qui pinote un max. En effet, on dit des vieilles syrahs de la Blonde qu’elles pinotent. » C’est bien vrai. De nobles syrahs faisant dans la dentelle, voire de vieux nebbiolos traités en douceur peuvent aussi gagner cette limpidité visuelle et aromatique qui nous font dire que ça pinote. Néanmoins, Toon est resté dans la stricte observance avec (suite…)

%d blogueurs aiment cette page :