Salon des vins de Québec: dégustations et bilans

Le Salon des vins et spiritueux de Québec, qui avait lieu la semaine dernière au Centre des congrès, semble avoir trouvé sa place auprès des amateurs de vin québécois. La hausse d’achalandage de 15% annoncée par les organisateurs, portant la fréquentation de quelque 10 500 entrées, en 2009, à près de 12 000, cette année, est en tout cas un très bon signe.

Les organisateurs, croisés sur place le dimanche après-midi, étaient souriants et satisfaits, après trois journées bien remplies. Le samedi, en particulier, de l’avis d’absolument toutes les personnes rencontrées, avait été un véritable feu roulant, avec des quantités impressionnantes d’amateurs défilant constamment de midi à la fermeture, en soirée. Au total, les vignerons et agents rencontrés semblaient heureux – ou tout au moins, satisfaits – de leur participation à l’événement. Plusieurs soulignaient la qualité des rencontres avec un public jugé enthousiaste et curieux. Bref, pas mal de positif.

Quelques découvertes

Lors de mon passage au Salon, j’ai fait plusieurs découvertes et profité de quelques retrouvailles appréciées. Voici la liste de celles qui m’ont le plus séduit – pas le meilleur du Salon, je n’ai pas suffisamment écumé les stands pour ça, mais bien des coups de coeur au hasard des rencontres.

Clos Haut-Peraguey, Sauternes, 2009 et 2005: Des vins de haut vol, avec beaucoup de finesse, d’équilibre et de caractère, à un prix très correct, pour du Sauternes (78$ pour le 2005 à la SAQ), dont les coûts de production sont nettement plus élevés que les vins de table de Bordeaux, fussent-ils premiers crus. Le 2009 était très jeune, et donnait cette impression compacte que les meilleurs vins de garde donnent en début de parcours: tout est là, mais retenu et réservé. De la cire d’abeille, un peu d’amande, de la poire séchée, beaucoup de longueur, mais il lui faudra du temps pour s’ouvrir. Le 2005, porté sur le caramel et la marmelade d’oranges de Séville, avec un nez très ample et ouvert, montre le chemin que l’autre pourrait emprunter – et aussi la longue vie que ces vins ont devant eux. Pas lourd ou riche pour une miette, ni l’un, ni l’autre. (Agence: Francs Vins)

Stronghold Nachise 2009: Le chanteur du groupe Tool, Maynard James Keenan, a décidé de faire des vins de terroir sur des coteaux abrupts de son Arizona natal – une aventure qui a même fait l’objet d’un documentaire intitulé Blood into Wine. Et alors? Alors c’est vraiment bon – en tout cas, le Nachise 2009, cet assemblage de cépages du Rhône, avec une part de petite sirah, est intense, savoureux, bien épicé, témoin d’un lieu ensoleillé mais sans lourdeur. En sachant que les vignes sont toutes jeunes, c’est tout à fait prometteur. Vaut les 31$, environ, qu’il coûte au Québec, qu’on soit fan de Tool ou pas. (Agence: Anthocyane – en importation privée)

Pouilly-Fuissé Vieilles Vignes 2008, Domaine Pierre Vessigaud: Quand on dit qu’un vin fait la queue de paon, c’est à ce genre de vin que l’on pense. Je l’ai goûté, j’ai trouvé que c’était bon, même très bien, un chardonnay avec une belle tension, équilibré au possible. J’ai fait un signe favorable au vigneron et ensuite, mon expression a changé, au fur et à mesure que les saveurs s’ouvraient, qu’une ampleur et une rondeur remarquables s’installaient en finale. Wow. (Agence: Vins Alain Bélanger – en importation privée)

En plus de pouilly-fuissé, les Vins Alain Bélanger avaient aussi ce très sympathique Valençay, frais et gouleyant, bon rapport qualité-prix à moins de 20$

Barbera d’Alba Superiore 2008, Azienda Vinicola Palladino: Ce n’est pas la première fois que je goûtais les vins de cette maison piémontaise, et j’y retourne toujours avec plaisir. Des saveurs affirmées, avec une petite touche un peu sauvage qui vous garde les sens éveillées, dans le cas des barbera. J’ai toujours le goût d’y revenir, également pour le Barolo, avec de la substance et de l’élégance. (Agence: Olea).

Ruberpan 2008, Pieropan: Très beau rouge de Vénétie par un maître du soave. Les saveurs de cerise séchée et de cuir/tabac qu’on retrouve dans les bons rouges de la région, de la profondeur et beaucoup de buvabilité. Toujours très satisfait des vins de cette maison. (Agene: Enotria Internationale – en reconduction à la SAQ)

Saint-Véran Les Mandeliers 2009, Domaine Arnaud Combier: D’un jeune vigneron énergique, un chardonnay bio, vinifié naturellement et sans soufre, au nez riche et ample, avec une bouche à l’avenant, mais monté sur une colonne vertébrale bien droite. Tendu juste comme il faut, avec une belle matière. Vaut amplement son prix – sous les 25$. (Agence: Symbiose – en importation privée)

Mercurey Blanc 2008, Domaine du Meix-Foulot: Très beau bourgogne blanc avec cette acidité citronnée que j’aime tant, de la fraîcheur et de la vivacité, mais le tout bien enrobé de juste ce qu’il faut de gras, avec une belle intensité aromatique. Bien aimé le rouge, aussi, mais c’est le blanc qui m’a fait le plus d’effet. (Agence: La Fontaine Vins et Liqueurs – importation privée).

Côtes du Rhône 2008, Château de Montfaucon: Un agréable côtes-du-rhône avec du beau fruit, une petite touche de poivre, une bonne longueur et pas de lourdeur. Destiné à la SAQ, sous les 20$: un bon rapport qualité-prix. Jolie curiosité, la maison faisait aussi goûter un vin de table appelé le Vin de M. le Baron de Montfaucon, assemblage de 15 (!) cépages chaleureux, qui s’anime bien en bouche, comme si tous les cépages voulaient montrer leur part dans le total. (Agence: La Fontaine Vins et Liqueurs)

Et pour la suite?

La seule ombre au tableau – ou enfin, la seule interrogation – tient à la suite de l’événement, dans le contexte de la fin du Salon de Montréal et de son remplacement par la Grande dégustation de Montréal. Jusqu’à maintenant, le Salon de Québec alternait avec celui de Montréal, les deux étant programmés aux deux ans. Toutefois, la Grande dégustation, présentée en octobre, sera annuelle. Les agents et autres participants seront-ils prêts à faire les deux événements? Si les deux formules sont très différentes, on peut imaginer que chacun pourra y trouver son compte, ses participants et son public.

Sucré-salé: le sauternes et le cidre de glace au plat principal

Le 24 mars prochain, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec accueillera, en collaboration avec le Courrier Vinicole, un dîner entièrement consacré au sauternes, avec la volonté claire de ne pas se limiter aux accords que l’on réserve presque automatiquement à ces vins liquoreux. Pas de foie gras, pas de dessert.

Cinq chefs québécois réputés seront appelés, pendant cette soirée, à créer des accords avec les vins de cinq grands producteurs de sauternes (Climens, Suduiraut, Guiraud, Coutet, Lafaurie-Peraguey), accords qui seront commentés par huit chroniqueurs et sommeliers chevronnés.

C’est une excellente idée. Un des problèmes qui affecte les vins doux (suite…)

Vendredi du Vin des Fêtes : Un Noël à Bordeaux

Pour présenter sans se compliquer la vie les douceurs du vin dégustées à Noël, le dernier Vendredi du vin de l’année 2008 se fait sur un mode très informel. Il s’agit de partager simplement les notes de dégustation des vins bus dans la convivialité de la table de fête, en les laissant, sans trop de détours, sur les blogues de tout un chacun.

Dans notre cas, avec onze personnes à table (dont six en âge de boire du vin), les vins de fête se sont beaucoup tournés vers Bordeaux, même si nous étions en Valais, une partie de Suisse très reconnue pour la qualité de ses vins.

Pas que le Valais ait été totalement oublié. À preuve, à l’apéro, nous avions ouvert l’humagne blanc 2007 d’Eddy et Samuel Saudan, dégusté la veille à la cave familiale. Toujour le miel, très droit devant, bien qu’on y remarquait aussi un peu de chèvrefueille et une touche d’amertume, en finale, en mangeant, qui se mariait très bien avec les petites bouchées du début de la soirée.

Ensuite, avec le foie gras maison du beau-père, nous avions un Sauternes 2001. La maison ? J’ai bêtement oublié de noter et depuis, la bouteille est partie loin au recyclage. Ce que je peux dire, c’est qu’il était relativement léger, encore jeune, avec un beau nez de cire d’abeille. Assez léger, mais c’était tant mieux avec le foie gras, auquel le vin répondait très bien, ceci dit. Il faudra bien que j’essaie de me rappeler de la maison.

Remarquez, il était moins impressionnant que le Château Bastor-Lamontagne 1998 dégusté ce soir, lors d’une autre fête familiale. Un sauternes (suite…)

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