Vendredi du vin 21: Voyages en Grèce et en Hongrie

 

L’invitation au voyage de l’ami Julien Marchand, pour le 21e Vendredi du vin, était irrésistible: sorir des sentiers battus (c’est-à-dire des 10 premiers producteurs mondiaux de vin) à la recherche de saveurs peut-être un brin moins connues et de cépages moins internationaux.

C’est du moins comme ça que j’ai choisi de l’interpréter. Car le Canada ne faisant pas partie des 10 premiers producteurs mondiaux, j’aurais pu opter pour un vin canadien et ne pas aller voir beaucoup plus loin.

Prenez ce cabernet sauvignon 2006 Black Sage Vineyard de Sumac Ridge, un des plus vieux vignobles en activité dans l’Okanagan. Une belle bouteille, intense, concentrée, avec des arômes de fruits noirs et de café – de liqueur de café, même – un bon équilibre en bouche, sur un taux d’alcool de 13,5%. Voilà qui n’aurait pas démérité, pour ce VdV.

Mais bon, je voulais aller voir plus loin. Et dans le secteur « Autres pays » de ma succursale du coin de la SAQ, je suis tombé sur (suite…)

Où déguster, avant d’acheter?

Si vous achetez du vin, vous avez immanquablement ressenti cette sensation, au moment de choisir une bouteille. Même si la description est bonne, que vous avez lu une bonne critique, eu des bonnes recommandations… vous hésitez. Vous aimeriez bien goûter, avant d’acheter. Après tout, le pointage ou le nombre d’étoiles, c’est bien beau, mais on n’est jamais 100% sûr que toutes ces indications correspondront à nos goûts.

Alors où peut-on goûter, avant d’acheter? Les Salons des vins sont évidemment de bons rendez-vous. Il y en aura d’ailleurs bientôt un à Québec, au printemps 2009. Je vous en reparlerai plus en détails bientôt.

Si vous êtes en France, c’est pas le choix qui manque, comme en témoigne notamment le calendrier de l’Association des vins naturels. Ou encore la tenue, en février prochain, du Millésime bio organisé par les vignerons du Languedoc-Roussillon. Et je n’ai même pas vraiment gratté la surface.

Au Québec, on peut parfois déguster à la SAQ elle-même. Les succursales Signature, tout comme certaines succursales Sélection, organisent périodiquement des dégustations, notamment lors de nouveaux arrivages comme ceux de la revue Cellier. Vous pouvez recevoir des avis à ce sujet en vous abonnant aux courriels expédiés par ces succursales: une visite ou un petit coup de téléphone devraient vous permettre d’en savoir plus. Le forum Fouduvin.ca offre aussi un calendrier des dégustations, avec des sections pour Montréal, Québec et ailleurs en région: des membres du forum y partagent souvent leurs infos sur des dégustations ouvertes au public, que ce soit celles des succursales de la Société des alcools ou d’autres encore.

Vin sur 20

À Québec, une belle occasion, conçue par les amis du Cercle, l’établissement jumeau de L’Utopie, voit le jour ce lundi, le 24 novembre. Ce rendez-vous hebdomadaire, appelé les Lundis Vin pour 20($), permet aux amateurs de déguster dans un contexte où les vins devraient être bien présentés. Chaque semaine, deux agences viendront faire découvrir chacune trois de leurs produits aux personnes intéressées. Il y aura donc 6 vins à déguster (6 fois 2oz pour… 20$), autant de spécialités que d’importation privée. Les sommeliers du Cercle et de l’Utopie et des représentants des agences seront sur place pour mettre le tout en contexte. Et quelques bouchées devraient venir rehausser le caractère apéritif de la soirée.

Y a-t-il d’autres établissements qui offrent aussi des dégustations du genre? N’hésitez pas à en faire part ici. Quand les occasions sont belles, autant qu’elles soient connues.

Un Cellier en Nouvelle-Zélande et en Australie

En septembre, j’ai sauté mon tour, pour ce qui est des arrivages de la revue Cellier. Consacrée au millésime 2005, en particulier à Bordeaux, cette livraison de nouveaux produits a très bien fonctionné, à en juger par les étagères bien vides que j’ai aperçues dans les SAQ, peu après les arrivages. Mais de mon côté, j’avais déjà payé la portion restante des quelques crus de Bordeaux que j’avais achetés en primeur par le Courrier Vinicole. Et j’avais aussi l’oeil sur quelques autres châteaux déjà en vente avant les arrivages (comme ce Maison Blanche mentionné plus tôt cette semaine).

Cette fois-ci, le Cellier consacré à la Nouvelle-Zélande et à l’Australie attire un peu plus mon oeil, ne serait-ce qu’à cause d’un producteur australien (suite…)

Le Québec, société distincte… du vin

Statistique Canada a publié hier des données intéressantes sur l’évolution de la consommation de bière, de vin et de spiritueux au pays, des données qui montrent encore une fois que le Québec, dans ce domaine comme dans bien d’autres, suit sa propre voie.

Dans l’ensemble du pays, la consommation de vin a continué de progresser de façon significative, au fil des dix dernières années. Si la bière est loin d’être détrônée, comme boisson alcoolisée des Canadiens/Canadiennes, le changement d’habitudes est significatif:

Les parts de marché des trois types de boissons alcoolisées ont évolué considérablement au cours de la dernière décennie. En 1997, (suite…)

Published in: on 10 juin , 2008 at 4:12  Comments (1)  
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Quand le prix de l’uniforme fait monter le prix du vin

Mardi, Radio-Canada a révélé que la Société des alcools du Québec allait faire produire en Chine les nouveaux uniformes de ses employés en Asie. Après avoir suscité tout un débat en ayant introduit, il y a quelques temps, des sacs réutilisables produits en Chine, plutôt qu’au Québec, la SAQ se retrouve donc au coeur d’un nouveau débat autour de l’importance de l’achat local pour une société d’État.

Il est vrai que la question de l’achat local n’est pas simple pour une société d’État, au Québec comme ailleurs. Les accords commerciaux nationaux et internationaux limitent beaucoup la marge de manoeuvre en la matière et l’exigence du plus bas soumissionnaire, notamment, peut conditionner fortement la procédure d’achat. Ce qui peut sembler souhaitable (suite…)

Published in: on 15 mai , 2008 at 1:06  Laisser un commentaire  
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Au royaume des vins à (très) petit prix

La force du dollar canadien a redonné de l’ampleur à une catégorie de vins que je croyais à toutes fins pratiques disparue du répertoire de la SAQ: le vin à moins de 10$. Et je ne parle pas seulement de vin à 9,90$, mais bien de vin sous les 9$, voire même sous les 8$. Le répertoire de la SAQ, sur Internet, vous montrera ces jours-ci quelque 165 vins de table, en bouteilles de 750 ml ou plus, vendus à moins de 10$. Une vingtaine de ces vins sont vendus à moins de 8$.

Le mois de janvier, saison des portefeuilles dégarnis, m’a semblé un moment pertinent pour explorer un peu ce que cette gamme de prix pouvait offrir. Y a-t-il des perles? Peut-on faire l’impossible et produire du bon vin pour si peu?

Après tout, il faut se souvenir que, pour un vin à ce prix, le coût de la bouteille, du bouchon et de l’étiquette est nettement plus élevé que celui du vin qu’on y a versé. Dans le prix demandé par le producteur, le vin compte peut-être pour 20 ou 30 centimes d’euro (30 à 40 cents canadiens). Le transport, les taxes et autres multiplicateurs s’appliquent après tout ça.

Cette semaine, je suis donc allé chercher trois rouges « budget » sur les tablettes de la SAQ: un français, un espagnol et un italien.

Le français était un cabernet sauvignon, Vin de pays de l’Hérault 2006, du Domaine Caton. Un peu de fraise, des tannins rudes, un nez indistinct. Un aspect herbacé, avec une amertume marquée en finale et une présence assez marquée des sulfites. Visiblement, un vin de rendement élevé, pressé très fortement pour en extraire un peu de matière. Sur le site du Domaine, le vin en question n’est pas mentionnée parmi les nombreuses catégories de vins vendues par la maison. Je ne m’en vanterais pas, moi non plus, remarquez.

L’espagnol, le Boñal 2005 de Bodegas Real, un tempranillo du Valdepeñas, a fait un peu mieux. Sous un nez de macération carbonique porté sur la banane, il y avait aussi de la prune et une impression de confiture et de sucre en poudre. La robe était d’un joli grenat, les tannins un peu rudes encore, mais sans amertume excessive. Encore une fois, un peu de soufre au nez, moins avec l’aération.

C’est le Sicilien, le Nero d’avola Giacondi 2005, à 8,20$, qui m’a fait la meilleure impression. De la cerise noire, un peu de fruit séché, une bonne concentration, des saveurs mûres. Simple, pas particulièrement distinctif, mais on s’en ressert un verre sans hésitation. Dans ce cas, je peux vraiment parler de bon rapport qualité-prix.
Il y a évidemment quelques avantages à boire des vins à aussi petits prix. Aucune culpabilité à s’en servir pour déglacer une poêle ou pour mijoter un ragoût, ni à en boire accompagnés de chips barbecue (un marsannay avec le même chip, ça fait un peu dommage…). Et si on a un budget limité, on sera très heureux de se trouver un vin beau, bon, pas cher.

Toutefois, vu les résultats de mon échantillonage, je serais personnellement porté à ajouter deux ou trois dollars par bouteille: à 10 ou 11 dollars, le choix est non seulement plus grand, mais aussi plus satisfaisant. Un Borsao, à 11,45$, vous donnera une rondeur et une typicité que les vins à deux ou trois dollars de moins n’offrent tout simplement pas. Et personnellement, à choisir, je préférerais nettement boire une bouteille de Duas Quintas, autour de 18$, que deux Domaine Caton. Buvez moins, buvez mieux, qu’ils disaient…

Ceci dit, la présence des vins à prix très doux met par ailleurs un gros bémol sur les critiques très fréquemment formulées à propos des prix élevés offerts par la SAQ. Un petit tour sur le site du détaillant de vins Nicolas, en France, vous montrera bien quelques vins entre 2 et 3 euros la bouteille. Il s’agit toutefois de vins de pays français, sans prestige ou appellations, aux volumes de production importants et surtout, de vins qui n’ont pas à être transportés bien loin ou à passer de douanes et de barrières tarifaires, ce qui minimise passablement les coûts. Les vins chiliens ou argentins – et même ceux des voisins italiens ou espagnols – vendus en France par Nicolas coûtent plutôt un minimum de 4 ou 5 euros, ce qui est assez près du plancher de 7$, à la SAQ, pour des vins qui ont immanquablement traversés un océan pour arriver chez nous. Bref, pour du comparable, la différence n’est pas nécessairement si grande.

À l’autre bout du spectre, il m’est arrivé souvent de voir, à New York, Londres, Paris, Dublin ou ailleurs dans le monde, des grands bordeaux ou des grands crus italiens vendus au même prix ou même passablement plus cher qu’à la SAQ. À Mexico, il y a un an, j’ai été assez surpris de voir que des vins espagnols de Torres, par exemple, coûtaient plus cher là-bas qu’ici. Quand le dollar canadien ne valait que 65 cents américains, j’ai fréquemment vu le même chiffre sur des châteaux bordelais, dans des boutiques américaines comme à la SAQ: autrement dit, un deuxième cru classé vendu 55$ à la SAQ était vendu 55$ US chez les marchands de vin américains, ce qui valait un bon 80$ canadiens…

La comparaison est évidemment anecdotique, pas systématique. Mais elle me semble souligner que ces écarts de prix entre le Québec et ailleurs dans le monde ne sont pas nécessairement aussi dramatiques qu’on le dit souvent. J’y reviendrai sûrement.

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