Mon cocktail préféré: le negroni sbagliato

Vous connaissez le negroni? Un cocktail tout simple et très classique: une once de Campari, une once de vermouth rouge (Cinzano, par exemple), une once de gin. On verse sur deux ou trois glaçons et on agite. C’est tout.

C’est à la fois savoureux, doux et amer – une amertume rafraîchissante, surtout (comme je l’ai découvert cet été, quand j’étais juge à deux compétitions de vin) après une journée de dégustation qui vous a laissé le palais saturé et fatigué. L’amertume opère une véritable remise à niveau gustative. Après, on apprécie son repas – et même le vin qu’on ne recrache finalement pas, comme on l’a fait toute la journée.

Ceci dit, il y a une variation plus festive du dit negroni qui fait immensément mon bonheur, depuis quelques mois. Ça s’appelle le negroni sbagliato – un mot italien qui signifie « raté », « mal fichu », grosso modo, un surnom des plus ironiques, au final – et c’est Joe Campanale, propriétaire entre autres d’un excellent bar à vins naturels de New York, Anfora, qui en est l’auteur (voir l’article du New York Times).

C’est un peu plus de boulot à préparer, mais le jeu en vaut la chandelle. Et depuis le printemps dernier, je ne cesse d’y convertir les copains et copines – y compris Ryan Gray, sympathique copropriétaire de chez Nora Gray, à Montréal, qui l’a mis à son menu cocktail en novembre dernier.

Première étape, il faut d’abord (suite…)

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Vendredi du vin 15 : Cava Reserva de la Familia 2003, Juvé y Camps

Le thème choisi par Nicolas Ritoux pour ce quinzième Vendredi du vin avait l’intérêt de laisser l’embarras du choix. Nul n’est champagne en son pays, disait-il, en invitant tout le monde à voir ailleurs si la bulle y est.

Que boire, donc ? Si j’avais pu, j’aurais bien aimé mettre la main sur un vin de Champagne, un village du canton de Vaud, en Suisse, qui s’est fait interdire par les Champenois de l’Hexagone d’utiliser le mot «Champagne» sur leurs bouteilles – voire même sur leurs biscuits. Et voilà donc que ces vins suisses ne réussissent pas à être champagne en leur pays, à porter le nom qui leur est propre depuis bien avant que le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’ait fait son apparition. Pour le «champagne» californien ou canadien, passe encore. Mais pour une ville qui s’appelle champagne et qui produit du vin depuis toujours ? Absurde.

J’avais bien à la cave un mousseux brut de Bruno Giacosa, une curiosité piémontaise que j’avais dégusté avec des amis il y a quelques mois. Mais voilà, il me semblait alors qu’il profiterait d’un certain vieillissement, alors je l’ai remis à plus tard. Et je suis allé fouiner dans les rayons de la SAQ.

Alors quoi ? Le prosecco de Nino Franco ? Je l’apprécie, depuis des années, comme un excellent rapport qualité-prix, particulièrement agréable avec des desserts aux amandes ou aux fruits blancs. Mais je voulais du neuf.

Entre les mousseux de Loire, d’Allemagne et d’ailleurs, j’ai aperçu (suite…)

Et pour finir l’année, un peu de champagne

Votre réveillon s’en vient et vous manquez de bulles? Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas ce qui manque dans les boutiques appropriées, ces jours-ci. Mais pour le meilleur vous devrez surtout… attendre, à mon avis.

Rien de tel qu’un champagne qui affine ses bulles et ses saveurs depuis quinze, vingt, voire trente ans. Un Pol Roger 1988, dégusté il y a quelques jours avec d’excellents amis, n’a fait que renforcer mes convictions à ce sujet. Un beau complexe d’arômes et de saveurs briochées, une onctuosité en bouche soutenue par une bonne dose d’acidité typique d’un blanc de blanc (le 88 en question était annoncé comme un « blanc de chardonnay », c’est la même chose), des bulles encore vives, mais tout de même un cran plus réservé que chez un jeune mousseux. Tout ce qu’il y a de bon dans le champagne, bref, mais en mieux et en plus.

Étrangement, il y a encore des gens qui prétendent (suite…)

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