Sucré-salé: le sauternes et le cidre de glace au plat principal

Le 24 mars prochain, l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec accueillera, en collaboration avec le Courrier Vinicole, un dîner entièrement consacré au sauternes, avec la volonté claire de ne pas se limiter aux accords que l’on réserve presque automatiquement à ces vins liquoreux. Pas de foie gras, pas de dessert.

Cinq chefs québécois réputés seront appelés, pendant cette soirée, à créer des accords avec les vins de cinq grands producteurs de sauternes (Climens, Suduiraut, Guiraud, Coutet, Lafaurie-Peraguey), accords qui seront commentés par huit chroniqueurs et sommeliers chevronnés.

C’est une excellente idée. Un des problèmes qui affecte les vins doux (suite…)

Note de dégustation: Cryomalus 2007, cidre de glace, Antolino Brongo

Il y a beaucoup de belles choses à dire sur la complexité – et je ne parle pas, ici, du nom assez complexe du Cryomalus (des racines grecques cryo=froid et malus=pomme), ce cidre de glace produit par le domaine Antolino Brongo, situé à Saint-Joseph du Lac, au nord-ouest de Montréal. Ni de la référence un peu alambiquée, sur la contre-étiquette, au mythe romain de Vertumne et Pomone (et non Vertumnus et Pomona, en français), des dieux qui ne sont pas vraiment les parents de Cryomalus.

Je parle plutôt de la composition de ce nectar doré, qui compte sur cinq variétés de pommes: McIntosh (54%), Cortland (20%), Lobo (12%), Spartan (12%) et Empire (2%). La douceur de la McIntosh, la substance de la Cortland, l’acidité de la Lobo et de la Spartan, tout ça aide à donner un supplément de complexité aux arômes et aux saveurs. C’est ainsi qu’on est dans la pomme poêlée, l’abricot frais, le caramel, un peu la compote de pommes, le tout sur une texture assez fine, pas trop riche (c’est un compliment), avec l’acidité qui soutient bien un taux de sucre raisonnable.

Cet équilibre en fait un bon accord pour les fromages et les plats de porc simples (je verrais bien ça avec une petite côtelette grillée, avec des pommes de terre rissolées et des carottes glacées, par exemple), mais aussi un liquide tout à fait agréable à déguster seul, tel qu’en lui-même, en fin de soirée. Et comme tous les breuvages « de glace », il a l’avantage de se conserver aisément plusieurs jours au frigo, une fois ouvert.

Élégamment habillé de noir, le Cryomalus est un peu le chouchou des chroniqueurs, cette année (voir le billet du Méchant Raisin, par exemple). Tant mieux pour les partenaires de ce tout nouveau domaine, Daniel et Patricio Brongo et Francisco Antolino, qui ont également eu la bonne idée de s’associer à l’agence Rézin, une des plus intéressantes et des plus dynamiques au Québec.

Le Cryomalus est certainement une des belles nouveautés dans le monde en croissance du cidre de glace et rejoint les excellents produits de chez Pinnacle (qui vient de s’allier à un très gros joueur, Vincor, pour assurer sa distribution), La Face cachée de la pomme, Michel Jodoin ou la Cidrerie Saint-Nicolas. Est-il au sommet de la liste? Peut-être pas. Mais ils ne font que commencer.

Salon des vins: mieux vaut déguster ici qu’en face

Quand on met le pied dans un Salon des vins comme le tout premier Salon des vins et spiritueux de Québec, on peut facilement être pris d’un certain vertige, avant même d’avoir commencé à déguster. Comment choisir? Où s’arrêter? Comment savoir s’il vaut mieux s’arrêter à un endroit plutôt qu’un autre?

Pour vous aider à éviter l’équivalent vin d’un syndrome de Stendhal, voici une petite liste d’arrêts recommandés parmi les nombreux kiosques du Salon.

À noter que la liste (suite…)

Qu’a bu Obama à Ottawa? Du cidre de glace (entre autres).

À la veille de l’investiture de Barack Obama, un article de la revue Slate faisait le point sur l’état des vins servis à la Maison-Blanche sous George Bush. Un état assez déplorable, soulignait l’auteur, avec beaucoup de jeune jus de planche (« juvenile behemoths ») qui perpétuait les stéréotypes du gros vin américain.

Pourquoi ne pas plutôt servir des vins arrivés à maturité, des grands crus comme l’Amérique est bel et bien capable d’en offrir? Et pourquoi pas, tant qu’à y être, mettre fin à l’obligation de servir seulement du vin américain à la Maison-Blanche? Une politique destinée à montrer au monde que les États-Unis peuvent produire du bon vin est-elle toujours aussi nécessaire? Bonne question.

Pour les vins canadiens, tout est encore à prouver, à l’échelle internationale. Alors l’obligation du 24, Sussex de servir les vins d’ici reste entière. D’ailleurs – et la question vaut aussi pour les États-Unis, la France, le Chili – si on ne le fait pas nous-mêmes, qui le fera pour nous?

Le sommelier François Chartier répondait clairement dans ce sens avec une belle liste de suggestions 100% canadienne, d’une côte à l’autre, présentée dans une chronique du 6 février intitulée « Comment recevoir la visite présidentielle?« .

L’a-t-on écouté? (suite…)

Une Coupe, des gagnants (non, ce n’est pas ça…)

Ne vous inquiétez pas, ce blogue ne sera pas gagné par la fièvre du hockey (quoique tout de même, le match d’hier soir n’était pas trop vilain…)

Ce dont je cause ici, c’est de la Coupe des nations, le concours de vin et autres boissons du terroir organisé en lien avec le Festival de la gastronomie de Québec. Pour trouver la liste des gagnants, comme j’en parlais dans mon article précédent, je suis allé faire un tour au dit festival dimanche après-midi. Malgré le soleil, les allées étaient débordantes de monde, amateurs et curieux confondus, à la recherche de nouveautés et de découvertes.

Outre la très vaste section voyages et les vendeurs de gadgets divers (?!?), il y avait bel et bien des découvertes à faire, (suite…)

Du cidre qui ne vous laissera pas de glace

J’ai appris par hasard et sur le tard, que Rougemont, capitale québécoise de la pomme, reçoit cette fin de semaine le tout premier Mondial des cidres de glace. Un titre un peu ironique, considérant que le cidre de glace est à toutes fins utiles une exclusivité québécoise (j’ai entrevu un producteur en Ontario) et que l’ensemble des producteurs inscrits sont québécois. Peut-être que le titre vise à souligner que (suite…)

Published in: on 17 février , 2008 at 3:04  Laisser un commentaire  
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