Vente aux enchères de vins fins sur Internet : la deuxième fois est la bonne

Le printemps dernier, j’avais écrit un billet sur une vente aux enchères organisée par l’Hôtel des encans de Montréal, avec la Société des alcools du Québec, pour le compte du propriétaire du restaurant Les Chenêts. Je m’étais posé quelques questions, à l’époque, sur la répartition un peu particulière des millésimes et des choix de vins, en me disant que le vendeur avait gardé plusieurs belles bouteilles par devers lui.

Et pour cause. C’est qu’à la lumière de la deuxième vente organisée par le même trio, on serait tenté de penser que la première vente était une sorte de test de marché. De 400, le nombre de lots est passé à 1200, la qualité des lots et le caractère exceptionnel des crus grimpant d’autant.

Cette fois, naviguer au travers des lots devient un véritable magasinage de rêve. Des Mouton-Rothschild de plusieurs millésimes, incluant celui dont l’étiquette a été peinte par Riopelle. Même chose pour les Yquem et pour un paquet d’autres solides liquoreux de Sauternes, ainsi que quelques lots de champagne qui montent facilement à la tête. Des vins du Domaine de la Romanée-Conti en formats et années diverses. Des châteauneuf-du-pape de haut vol, comme des Beaucastel d’une vingtaine d’années et quelques bouteilles du rare et exceptionnel Rayas. Sans compter d’autres vins moins chers mais tout aussi attrayants, comme le Moulin Touchais, le Pesquera ou le Farnito.

En prime, les lots sont de tailles variables, ce qui laisse la chance à des gens aux bourses moins bien garnies de rêver un peu – voire d’acheter un grand cru. Parfois, il y a une douzaine de bouteilles par lot, parfois une seule. Les plus riches pourront viser la dizaine de Mouton-Rothschild des années 80, mais un autre sera peut-être très heureux de mettre la main sur un lot comptant une seule bouteille de ce vin d’exception.

On trouve aussi de très vieilles bouteilles, avec un Lafite-Rothschild 1890 et un Calon-Ségur du légendaire millésime 1900. Dans d’autres cas, il faut toutefois se méfier. Le vin a beaucoup baissé, a pris des couleurs assez étonnantes et sera vraisemblablement très altéré. Dans ces cas, on voudrait la bouteille comme objet, plus que comme projet de dégustation.

D’ailleurs, voilà une question essentielle à se poser, si jamais vous voulez passer du rêve à la réalité. Pourquoi voudriez-vous un lot en particulier ? Pour le boire, ou simplement comme trophée ?

Le catalogue est en ligne maintenant. Les enchères s’ouvrent le 1er septembre et se poursuivent jusqu’au 10 septembre: la fermeture des lots se fera en trois temps, à partir du 8 septembre. Ça vous laisse le temps d’y penser.

VdV 23: les vins de printemps rassemblés

Un rosé ne fait peut-être pas le printemps, mais un bouquet de rosés et de vins rafraîssants, ça fait certainement le Vendredi du vin sous le thème du printemps. Les notes de tout un chacun donnent certainement envie de s’asseoir sur la terrasse avec ce qu’il faut pour grignoter, du soleil et du pinard facile (à boire, ce qui ne veut pas toujours dire facile à faire) et gouleyant.

Pour souligner que les VdV sont accessibles à tous, blogueurs ou pas, allons -y d’abord pour les deux amis qui nous ont laissé leurs notes sous forme de commentaires, soit Stéphane Quéralt, avec un rosé du Domaine Clavel très gourmand et à l’alcool raisonnable, et Toon, avec le Clairet du Château Haut-Colombier, « viril mais correct ». Avis à tous: ne vous gênez pas pour suivre leur exemple. Les VdV, c’est pour tout le monde.

Côté blogues, outre mon rosé expérimental californien, un carton de six avec des extras.

Tout d’abord, l’excellent Olif avait vraiment envie de célébrer, lui qui a ouvert un champagne rosé de René Geoffroy. Un rosé de saignée qui fait dans la dentelle et le taffetas, nous dit-il.

Iris, autre habituée des VdV, ne s’est pas laissée décourager par le bris de deux bouteilles, pour nous livrer ses impressions enthousiastes sur le Moulin à Vent 2007 du Domaine des Côtes de la Molière, une gourmandise qui me donne l’eau à la bouche – et je suis convaincu que c’est plus contagieux que la grippe A H1N1.

Julien Marchand, lui, avait le printemps un peu frisquet, le jour de sa dégustation, alors il est allé se réchauffer sous le soleil du Priorat avec un rouge consistant, le Los 800 2004. La terrasse et le rosé, ça sera un peu plus tard.

En regardant les martinets passer, Olivier le Showviniste, lui, a fait dans le rosé espagnol et le rosé français, ce dernier conçu par un tandem australo-britannique. Il promet même de reparler du Verjus produit par ces derniers – très bon pour la volaille, je vous le dis.

Anne, des Dindonsvins, a fait glouglou avec un vin Tombé du ciel, un 100% carignan produit en macération carbonique. Un autre vin qui redonne ses lettres de noblesse à ce cépage parfois sous-estimé.

De quoi étancher sa soif jusqu’à l’été. Et pour savoir quel plat marier à vos vins de printemps et d’été, n’oubliez pas de suivre le Vendredi du Vin du mois de mai, qui sera consacré à la sommellerie moléculaire, une approche raisonnée des combinaisons vins-mets basée sur la présence, dans le vin et le plat, des mêmes molécules aromatiques. Le sommelier François Chartier, qui prépare pour le 20 mai un livre à ce sujet, intitulé Papilles et molécules, guidera la dite dégustation.

Pour en savoir plus sur la sommellerie moléculaire, vous pouvez écouter ce reportage de l’émission Découverte, diffusée dimanche dernier à Radio-Canada. Vous verrez, c’est pas sorcier.

Du champagne californien pour Obama

L’investiture de Barack Obama est un méchant party. Immense, avec un budget en dizaines de millions de dollars, des spectacles de haut vol et beaucoup de réceptions, de dîners, de bals, avec ou sans le principal intéressé.

Imaginez qu’on y boira pas mal de… tout. Y compris du vin – et même pas mal de champagne californien. 

C’est en effet une cuvée spéciale d’investiture de la maison Korbel qui sera servie lors de divers événements entourant l’investiture et particulièrement, lors du traditionnel déjeuner qui suit l’assermentation et le premier discours du nouveau président. Une affaire intime, organisée par un comité du Congrès: 200 personnes, dont les juges de la Cour suprême, les principaux leaders du Sénat et autres leaders influents de Washington. 

Le mousseux de chez Korbel (suite…)

Vendredi du vin 15 : Cava Reserva de la Familia 2003, Juvé y Camps

Le thème choisi par Nicolas Ritoux pour ce quinzième Vendredi du vin avait l’intérêt de laisser l’embarras du choix. Nul n’est champagne en son pays, disait-il, en invitant tout le monde à voir ailleurs si la bulle y est.

Que boire, donc ? Si j’avais pu, j’aurais bien aimé mettre la main sur un vin de Champagne, un village du canton de Vaud, en Suisse, qui s’est fait interdire par les Champenois de l’Hexagone d’utiliser le mot «Champagne» sur leurs bouteilles – voire même sur leurs biscuits. Et voilà donc que ces vins suisses ne réussissent pas à être champagne en leur pays, à porter le nom qui leur est propre depuis bien avant que le Comité interprofessionnel du vin de champagne n’ait fait son apparition. Pour le «champagne» californien ou canadien, passe encore. Mais pour une ville qui s’appelle champagne et qui produit du vin depuis toujours ? Absurde.

J’avais bien à la cave un mousseux brut de Bruno Giacosa, une curiosité piémontaise que j’avais dégusté avec des amis il y a quelques mois. Mais voilà, il me semblait alors qu’il profiterait d’un certain vieillissement, alors je l’ai remis à plus tard. Et je suis allé fouiner dans les rayons de la SAQ.

Alors quoi ? Le prosecco de Nino Franco ? Je l’apprécie, depuis des années, comme un excellent rapport qualité-prix, particulièrement agréable avec des desserts aux amandes ou aux fruits blancs. Mais je voulais du neuf.

Entre les mousseux de Loire, d’Allemagne et d’ailleurs, j’ai aperçu (suite…)

Dans deux semaines, c’est vendredi

Petit rappel pour ceux qui aiment déguster en groupe, même virtuellement: le quinzième Vendredi du Vin aura lieu le 27 juin. Cette dégustation que j’ai le plaisir d’animer depuis le mois dernier portera sur un thème tout léger et plein de bulles: Nul n’est champagne en son pays.

C’est Nicolas Ritoux, journaliste et blogueur tout terrain, qui s’est porté volontaire pour présider le tout, sur le thème de son choix. C’est donc à lui (suite…)

Published in: on 15 juin , 2008 at 4:00  Comments (2)  
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Et pour finir l’année, un peu de champagne

Votre réveillon s’en vient et vous manquez de bulles? Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas ce qui manque dans les boutiques appropriées, ces jours-ci. Mais pour le meilleur vous devrez surtout… attendre, à mon avis.

Rien de tel qu’un champagne qui affine ses bulles et ses saveurs depuis quinze, vingt, voire trente ans. Un Pol Roger 1988, dégusté il y a quelques jours avec d’excellents amis, n’a fait que renforcer mes convictions à ce sujet. Un beau complexe d’arômes et de saveurs briochées, une onctuosité en bouche soutenue par une bonne dose d’acidité typique d’un blanc de blanc (le 88 en question était annoncé comme un « blanc de chardonnay », c’est la même chose), des bulles encore vives, mais tout de même un cran plus réservé que chez un jeune mousseux. Tout ce qu’il y a de bon dans le champagne, bref, mais en mieux et en plus.

Étrangement, il y a encore des gens qui prétendent (suite…)

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