Beaujolais nouveau: un bain, mais moins de vin

Décidément, le Beaujolais nouveau n’est plus le pactole automnal qu’il était pour les vignerons de là-bas. Cette semaine, le lancement de la campagne annuelle de promotion du jus fraîchement fermenté a permis d’apprendre que même si les Japonais prennent des bains dedans, les ventes sont en forte baisse au pays du Soleil Levant, bastion par excellence du Bojo Nouvo.

Le Figaro a beau titrer un article sur la bonne santé du vin nouveau français (article fort intéressant, par ailleurs, sur les origines du vin nouveau et, plus spécifiquement, de son incarnation beaujolaise), il reste que les ventes nippones de beaujolais nouveau devraient baisser de 20%, par rapport à 2007: 6,48 millions de bouteilles, par rapport à plus de 8 millions l’année dernière, et à un sommet de 12,4 millions de bouteilles en 2004. On s’étonne qu’il s’en vende tout de même autant, quand on apprend qu’une bouteille se détaille 25 euros (!!!) à Tokyo. Plus du tiers du vin de Beaujolais continue tout de même de partir l’automne même de sa vendange, avec un avantage évident pour les liquidités des vignerons.

Au Québec, comme on en avait déjà parlé sur ce blogue, le vin nouveau est carrément tombé en défaveur. La SAQ a importé trois beaujolais nouveaux et un sangiovese novello, pour la campagne de cette année, qui s’est faite dans la plus grande discrétion.

Le coût environnemental de l’opération ne contribue pas à lui donner bonne presse, tout le vin étant expédié par avion vers les États-Unis, le Japon, le Canada, etc. Les producteurs ont eu beau se tourner vers les contenants de plastique et les tetrapaks pour réduire le poids des cargaisons, l’image du jeune jus est un brin ternie par son transport accéléré.

Autant se tourner vers le vin local, insistent certains – dont mes copains dégustateurs du Twitter Taste Live, une dégustation de vin en ligne dont la présentation du 20 novembre était justement consacrée aux vins locaux de l’un et de l’autre.

On n’y proposait pas de vin primeur, toutefois, ce qui semble plus rare. Au Québec, le Vignoble de la Rivière du Chêne a déjà offert du vin nouveau, mais on m’a répondu qu’on passait son tour, cette année. À l’Association des vignerons du Québec, on ne connaissait pas d’autres producteurs ayant tenté l’aventure du vin nouveau. En Ontario, le Château des Charmes et quelques autres producteurs ont déjà offert du gamay nouveau, en quantités modestes.

Au Québec, une fête du vin nouveau local serait probablement une belle initiative. Quand on a eu le plaisir de déguster en barriques les vins de l’année, fraîchement fermentés, fleurant bon le raisin frais et le soleil qui les a mûris, c’est un plaisir qu’on apprécie. Même sans l’embouteiller, une petite fête au vignoble, avec dégustation du jus de l’année dans son état premier, serait une belle façon de réunir les amateurs autour du travail des vignerons locaux. En attendant, ils ont du beau 2007 à offrir.

Vins nouveaux : un ballon qui se dégonfle

Au Québec, les amateurs de vins nouveaux auront à faire vite, s’ils veulent déguster cette spécialité de novembre. En effet, un document laconique, sur le site affaires de la SAQ, souligne que les volumes seront sévèrement limités, cette année. 4 000 caisses seulement, alors que, selon une (vieille) nouvelle de Radio-Canada, on en commercialisait 10 fois plus en 1998.

Remarquez, les amateurs du genre se font plus rares: «Depuis plusieurs années, la SAQ constate (suite…)

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