Note de dégustation: Cornas Paul Jaboulet Aîné 1996 (prise 2)

Ça peut être agréable d’avoir deux bouteilles du même vin à la cave. Ne serait-ce que pour constater les différentes manières dont il peut se présenter. L’année dernière, j’avais écrit une première note de dégustation sur le Cornas 1996 de la maison Paul Jaboulet Aîné, que j’avais trouvé un brin réservé, bien que visiblement pas dépourvu de tonus.

La deuxième bouteille, ouverte il y a quelques jours, a donné une impression bien différente. Beaucoup plus expressif, le nez offrait des odeurs animales assez intense, rattrapées avec l’oxygénation par de très belles notes de réglisse, de cèdre, de café et un peu de baies noires. En bouche, ces éléments se retrouvaient dans un ensemble assez complexe, le café et le cèdre occupant toutefois plus de place, proportionnellement. Des parentés, donc, avec la dégustation précédente, mais dans un tout autre état d’esprit.

La bouche, bien qu’agréable, se montrait tout de même un brin mince. Combinée à la couleur aux reflets un peu orangés, tendait à montrer que le vin était plus près de la fin que de la jeunesse. Il tenait encore bien la route, sur des grillades, mais je n’aurais pas voulu attendre plus pour le déguster. Alors que les vins de Cornas avaient autrefois la réputation de s’ouvrir après une vingtaine d’années, celui-ci ne semble vraiment pas en mesure de vivre au-delà de vingt ans.

Remarquez, peut-être que les cuvées plus recherchées de Clape, Lemenicier, Mathieu Barret, Vincent Paris et autres vignerons renommés de l’appellation auraient plus d’endurance que cette cuvée « générique » réunissant des raisins provenant de diverses parcelles. J’attendrai encore un moment avant d’ouvrir le 1998 de Clape.

Déguster ce vin, soit dit en passant, est un acte empreint d’une certaine nostalgie, puisqu’il s’agit du dernier millésime supervisé par Gérard Jaboulet, qui avait donné une impulsion remarquable au domaine familial vieux de presque deux siècles. Son décès subit et prématuré, en 1997, avait visiblement suscité un certain désarroi au sein de la maison, dont les vins des quelques millésimes suivants avaient été assez mal reçus, la qualité n’étant plus la même, en particulier pour les cuvées les plus réputées du domaine, l’Hermitage La Chapelle en tête.

Cette dure période explique en bonne partie comment le domaine a pu en venir à être racheté par la famille Frey, propriétaire du Château La Lagune, à Bordeaux, et de la maison champenoise Billecart-Salmon. Quel effet ce changement de mains aura-t-il sur la maison rhodanienne? Elle lui a déjà permis un niveau d’investissement renouvelé. Pour le reste, laissons le temps au temps.

Vendredi du Vin des Fêtes : Un Noël à Bordeaux

Pour présenter sans se compliquer la vie les douceurs du vin dégustées à Noël, le dernier Vendredi du vin de l’année 2008 se fait sur un mode très informel. Il s’agit de partager simplement les notes de dégustation des vins bus dans la convivialité de la table de fête, en les laissant, sans trop de détours, sur les blogues de tout un chacun.

Dans notre cas, avec onze personnes à table (dont six en âge de boire du vin), les vins de fête se sont beaucoup tournés vers Bordeaux, même si nous étions en Valais, une partie de Suisse très reconnue pour la qualité de ses vins.

Pas que le Valais ait été totalement oublié. À preuve, à l’apéro, nous avions ouvert l’humagne blanc 2007 d’Eddy et Samuel Saudan, dégusté la veille à la cave familiale. Toujour le miel, très droit devant, bien qu’on y remarquait aussi un peu de chèvrefueille et une touche d’amertume, en finale, en mangeant, qui se mariait très bien avec les petites bouchées du début de la soirée.

Ensuite, avec le foie gras maison du beau-père, nous avions un Sauternes 2001. La maison ? J’ai bêtement oublié de noter et depuis, la bouteille est partie loin au recyclage. Ce que je peux dire, c’est qu’il était relativement léger, encore jeune, avec un beau nez de cire d’abeille. Assez léger, mais c’était tant mieux avec le foie gras, auquel le vin répondait très bien, ceci dit. Il faudra bien que j’essaie de me rappeler de la maison.

Remarquez, il était moins impressionnant que le Château Bastor-Lamontagne 1998 dégusté ce soir, lors d’une autre fête familiale. Un sauternes (suite…)

Note de dégustation: Cornas Paul Jaboulet 1996

Ça fait quelques jours que je tourne autour de cette note de dégustation, sans parvenir à la finir. En partie parce que la venue de Sir Paul à Québec m’a distrait quelque peu et tenu bien occupé dans mon travail au Soleil, mais aussi parce que j’avais du mal à bien trouver les mots pour décrire ce que j’avais bu.

Le Cornas 1996 de Jaboulet (la version « tout court », plutôt que le Cornas Domaine de Saint-Pierre), ouvert samedi soir lors d’un dîner familial, s’est en effet avéré (suite…)

Published in: on 23 juillet , 2008 at 5:34  Comments (1)  
Tags: , , ,
%d blogueurs aiment cette page :