Vive le pineau d’Aunis

Il existe bel et bien des cépages quasi inconnus qui valent leur pesant d’or. Prenez le pineau d’Aunis, par exemple.

J’ai eu l’occasion, au cours des derniers mois, d’en déguster quelques fois, dans des établissements de Québec et de Montréal, respectivement L’Utopie et le Pullman. Dans les deux cas, il s’agit de bouteilles provenant des Vignes de l’Ange vin, domaine de Jean-Pierre Robinot, vigneron très indépendant établi dans les environs de Jasnières, dans la Loire.

Chaque fois, je suis tout à fait saisi et séduit par le caractère absolument singulier de ce cépage à la fois clair et intense, subtil et costaud. La robe lui donne des allures de quasi-rosé ou de pinot noir très léger. Pourtant, au nez comme en bouche, l’intensité ne se dément pas. Une belle vivacité, un corps surprenant, des arômes de terre fraîche, d’orange séchée, une dose de fruit rouge, une longueur surprenante, faisaient du Regard du Loir, cuvée dégustée la plus récemment, un véritable plaisir qui se mariait très bien à une mise en bouche de bison fumé. Je le dégusterais bien aussi avec une truite ou avec de la volaille, me semble-t-il.

Remarquez, le cépage, cultivé sur un peu plus de 400 hectares en Touraine et pouvant être inclus dans plusieurs appellations de Loire dont l’anjou et le crémant de Loire, trouve une expression sérieuse et particulière entre les mains de Robinot, partisans rigoureux des vins naturels. Une approche très souvent appréciée, bien que matière à discussions.

Mais quoi qu’on pense de ce cas particulier (visiblement, j’y suis très favorable), il reste que Jancis Robinson, dans son Oxford Companion to Wine, nous apprend que le cépage bénéficiait, il y a quelques siècles, de la faveur des rois de France et d’Angleterre. On ne saurait leur en faire le reproche.  Ça devait les changer de leur ordinaire – ce qui est certainement le cas aujourd’hui.

%d blogueurs aiment cette page :