Le Salon des vins de Québec: ouvert à tous

Autres articles sur le Salon des vins de Québec: Yquem, Gretzky et compagnieles restos sont aussi de la fête et Mieux vaut déguster ici qu’en face.

«Ce qu’on veut, c’est un salon pour tout le monde».

S’il y a un message que René Lafontaine, le président du Salon des vins et spiritueux de Québec martèle avec conviction, c’est celui-là: l’événement est autant pour les curieux et les nouveaux-venus au monde du vin que pour les passionnés et les experts. «Je ne suis pas le plus grand expert qui soit, et je vois plein de gens qui hésitent , face au monde du vin», ajoute-t-il. «Nous voulons que ce soit simple. Les ateliers, par exemple, ne seront pas pour les experts, ils seront courts – moins d’une demi-heure – et abordables pour le commun des mortels.»

Bref, quand vous irez au Salon des vins, (suite…)

Déprime bordelaise

J’ai comme un gros coup d’humeur, là.

J’ai reçu, cette semaine, comme beaucoup d’autres acheteurs du Courrier Vinicole, une facture pour le solde final de la commande des Grands Vins de Bordeaux 2005, un solde qu’il faut confirmer avant la fin du mois et qui sera ensuite réglé en août, pour que nous puissions prendre livraison des précieuses bouteilles en octobre. Tout ça après avoir attendu deux bonnes années que le vin, acheté en primeur, soit mis en bouteilles et livré jusqu’ici.

Qu’est-ce que je recevrai, précisément? Sais plus. Je trouve plus le papier, perdu dans des strates poussiéreuses dans mon bureau. Me semble qu’il y a du Haut-Bailly, du Ferrière, peut-être du Gruaud-Larose. Ça sera bien bon à boire, j’en suis sûr. Peut-être même bien que ce sera excellent. Voire mémorable.

Mais je reste collé avec cette désagréable impression de m’être fait pincer, (suite…)

Quand le vin vaut son pesant d’or

Pensez-vous que vous jugez objectivement les vins que vous goûtez? Que les considérations de prix, de provenance, etc., n’ont pas de prise sur vos papilles et votre bulbe olfactif? Une étude réalisée au California Institute of Technology par le Dr. Angelo Rangel, et dont fait état l’Agence France-Presse, prouve le contraire en montrant sans autre cérémonie l’activité des neurones au contact du vin… et de son prix, réel ou supposé.

En effet, les chercheurs dirigés par le docteur Rangel ont fait goûter une série de cabernets sauvignons (suite…)

Château La Paille?

Lu sur le site de la revue britannique Decanter: le négociant bordelais Cordier Mestrezat a mis en vente un produit appelé Tandem, un vin de Bordeaux embouteillé (si c’est le mot) en TetraPak, avec une paille spéciale dotée de quatre trous, afin que l’impression sur la langue se rapproche supposément de celle éprouvée quand on boit au verre. Le produit est présentement testé dans les supermarchés de Belgique et il doit être mis en marché l’annnée prochaine en France et au Canada.

Mettons que je ne suis pas convaincu.

J’ai déjà écrit, sur ce blogue, à propos des contenants alternatifs et de leurs mérites – comme le bag-in-box qui offre une bonne conservation et où l’on peut même retrouver de l’excellent vin bio. Je maintiens que c’est une bonne idée.

Ici, ce qui me semble manquer, c’est l’expérience sensorielle complète liée à la dégustation. Une boîte et une paille, ça enlève les couleurs et les arômes. Il ne reste qu’une gorgée vite avalée. En prime, en sachant que le marketing d’un tel objet vise une jeune clientèle, (suite…)

Published in: on 18 septembre , 2007 at 12:13  Laisser un commentaire  

Le mélange des genres

Une dégustation récente m’a interpellé à propos d’une tendance fréquente, dans les vins du Nouveau Monde, à créer des assemblages inhabituels de cépages: chardonnay-verdelho-pinot gris,  touriga-tempranillo, sémillon-chardonnay, sangiovese-malbec, etc. La tendance est parfois stimulante, souvent étonnante, parfois franchement agaçante.

Les Australiens y vont avec un enthousiasme remarquable, comme s’ils étaient déterminés à emmener le vin là ou aucune vigne n’avait mis le pied. En Argentine, une marque créée par la famille Zuccardi, Fuzion, est entièrement dédiée à ce concept de mariages inhabituels, voire incongrus. Les États-Unis et le Chili ont aussi des exemples du genre à offrir.

Bien sûr, certains de ces mélanges ont fait leurs preuves. Les combinaisons de cabernet et de syrah ont produit plusieurs vins exceptionnels en Italie et dans le sud de la France – par exemple, les vins de Cabardès. On peut aussi penser à des combinaisons de sangiovese et de cépages bordelais, dans le monde des supertoscans. On trouve aussi des résultats accessibles et harmonieux dans des vins plus simples comme le Rawson’s Retreat de Penfolds, un australien où le chardonnay et le sémillon sont franchement bien intégrés.

Car après tout, c’est là la clef d’un assemblage réussi: l’intégration et l’harmonie. Un concept qui semble parfois oublié au profit d’une volonté de créer des nouvelles combinaisons qui devient parfois une fin en soi. Le fait que le mélange soit incongru semble parfois le but de l’opération, même si des notions théoriques de complémentarité des saveurs, des couleurs et des textures font bel et bien partie de la réflexion.

Certains des mélanges que j’ai goûté ainsi se sont montrés franchement imbuvables, parce que les cépages se côtoyaient sans jamais s’intégrer. L’audace, c’est bien, mais il faut aussi s’assurer qu’elle mène à quelque chose.

Il y a des raisons historiques derrière les assemblages traditionnels qui ont fait les grands vins du monde: la combinaison du caractère mur et ample du merlot avec la structure tannique du cabernet dans les mélanges bordelais vient immédiatement à l’esprit. Utiliser des cépages qui ont à peine pris pied dans un nouveau pays, et dont on connaît à peine le caractère dans ces terroirs neufs, et les réunir pour tenter de voir comment ils se comportent ensemble, c’est un pari considérable. Normal qu’on ne réussisse pas tout le temps.

Mission impossible? Pas du tout. Sauf que les oenologues devraient parfois faire preuve d’un peu plus de patience et de rigueur en élaborant et en testant ces mélanges. Une approche essai et erreur ne suffit pas. Mettre un vignoble en production prend plusieurs années, en maîtriser la production encore plus de temps. Pourquoi se précipiter à lancer de nouveaux assemblages? Le bon vin mérite qu’on prenne le temps qu’il faut.

La relation contenant contenu

C’est parfois vraiment bien d’aller voir ailleurs si on y est.

À preuve, un petit séjour en Suède qui me permet de constater que le vin en boîte peut être quelque chose de très intéressant. Le Systembolaget, monopole suédois équivalent de la Société des alcools du Québec, vend plusieurs vins de qualité très correcte et d’appellations contrôlées en boîtes de trois litres: du rioja, des shiraz australiens et des primitivos italiens très respectables, des cabernets chiliens reserva, etc. Le genre de truc parfait pour se prendre un petit verre ou deux tous les soirs, pendant une semaine, sans que le vin s’oxide et se perde. Dans un pays où le vin coûte assez cher (mais beaucoup moins qu’avant, à cause des pressions de l’Union européenne pour l’ouverture de ce marché), c’est une solution pratique et économique.

C’est moins romantique que la bouteille, bien sûr, mais les Suédois sont beaucoup moins réfractaires que nous aux emballages dont les qualités pratiques dominent sur le côté esthétique. À preuve, plusieurs produits alimentaires relativement haut de gamme vendus dans des tubes du même style que ceux de nos dentifrices, un emballage auquel les consommateurs nord-américains sont essentiellement réfractaires. Bref, les Suédois semblent faire plus attention au contenu qu’au contenant.

À moins que ce soit le contenu, justement, qui fasse défaut au Québec. Les vins en boîte vendus par la SAQ sont essentiellement des vins de table peu invitants, sans aucun prestige. Même chose pour les vins en Tetra Pak (une invention suédoise, tiens donc…) dont le côté pratique a été noté par bien des chroniqueurs (et des amateurs de pique-nique), lesquels regrettaient toutefois que la qualité ne soit pas aussi appréciable.

À l’inverse, Le Moine échanson, une chouette boîte à vin de la ville de Québec garde bien discrètement sous son comptoir des boîtes de vin d’un domaine bio français vraiment très agréable, aux saveurs tout à fait singulières, épicées et charnues, aux antipodes du vin industriel que beaucoup penseraient automatiquement trouver dans un tel contenant. De quoi confondre bien des sceptiques.

Moi qui aime bien mon vin quotidien, je n’attends que ce genre de produit pour me convertir à la boîte et en faire mon bonheur des soirs de semaine. Et bien des petits restos se réjouiraient certainement de pouvoir offrir plus de vins au verre sans avoir peur de perdre la moitié ou les deux tiers d’une bouteille restée ouverte trop longtemps.

Tant que le contenu s’en porte mieux, la forme du contenant importe-t-elle tant que ça?

Published in: on 12 juillet , 2007 at 12:06  Comments (2)  
%d blogueurs aiment cette page :