Le côté tranchant du grenache gris

Vous avez déjà entendu parler du grenache gris? Probablement pas. Voilà un cépage dont on dit bien peu de choses, à part qu’il entre dans la composition des vins gris de Listel, et qu’il est apparenté aux grenaches rouges et blancs (oh surprise!). La définition dans Wikipedia est limitée et, à ma grande surprise, le célèbre Oxford Companion to Wine de Jancis Robinson n’offre même pas d’entrée propre à ce cépage qui, pourtant, du haut de ses 2600 hectares cultivés en France, le mériterait amplement.

La minéralité extraordinaire des grenaches gris de vieilles vignes, leurs arômes tranchants et puissants donnant sur le caramel brûlé, l’amande amère, le fenouil et l’abricot séché (voire le caoutchouc chauffé), voilà autant de caractéristiques extraordinaires qui ne s’effacent pas quand on y ajoute une mesure de grenache blanc, de macabeu, voire de marsanne ou de roussanne. Rien ne ressemble à ça. Et peu de blancs sont aussi costauds, quand vient le temps de les boire à table.

Par exemple, on dit fréquemment que les asperges offrent (suite…)

Publicités

Matassa, sa cave, ses vignobles, ses raisins, ses voisins

Fin de séjour animée et productive au Domaine Matassa, où j’ai pu ressentir vraiment à quel point le vin peut être aussi une affaire d’effort physique, un processus qui se fait à la force du bras. C’est assez normal, au fond. Le raisin, le jus, les cuves, les barriques et les bouteilles, ça ne se déplace pas tout seul.
La journée de lundi a d’abord été consacrée à sortir une cuvée, El Sarrat, composée de syrah et de mourvèdre) de la cuve où elle fermentait. (Le premier millésime de cette nouvelle cuvée, le 2006, vient d’être embouteillée, et une bonne partie expédiée à la chaîne britannique Waitrose – les Anglais sont chanceux.) La conversion du sucre en alcool étant suffisamment avancée, le vin en devenir devait d’abord être transféré à une seconde cuve, sans le marc – c’est-à-dire les peaux, la pulpe et les pépins qui trempaient avec le jus. Ensuite, il sera reversé dans des barriques pour un élevage en douceur, tout au long de l’hiver et probablement plus d’une année.
En participant à cette opération sous la supervision de Cédric, fidèle compagnon de Tom Lubbe au Domaine Matassa depuis cinq bonnes années, j’ai d’abord aidé à bien rincer la nouvelle cuve, à préparer la pompe servant au transfert, puis, après que le jus ait été transféré, j’ai sauté (suite…)

%d blogueurs aiment cette page :