Un goût de mondeuse

Ce n’est pas que j’en ai contre le cabernet sauvignon ou le chardonnay, mais j’aime bien élargir constamment mes horizons, à la recherche de nouveaux cépages, comme le macabeu, le pineau d’aunis ou le grenache gris. Plus récent arrêt sur cette route, la mondeuse, un cépage rouge cultivé essentiellement en Savoie et dans la région voisine de Bugey. Il y en a de petites quantités en Californie et en Australie, où il prend le nom de refosco, un cépage du Frioul, dans le nord de l’Italie. Bien que les deux cépages ont des parentés de goût et de caractère, le refosco n’a pourtant pas de parenté génétique avec la mondeuse, selon les tests ampélographiques dont fait état l’Oxford Companion to Wine de Jancis Robinson, entre autres sources.

En passant à la Société des alcools, j’ai attrapé au vol une Mondeuse 2004 du Domaine Dupasquier, producteur de Jongieux, en Savoie. Pas très cher (17,50$), le vin montre un beau caractère: un nez bien poivré, de la couleur, des tannins fermes, sans être envahissants, de l’épice et du fruit, avec une acidité rafraîchissante. Pas très complexe, mais diablement bon avec des fromages savoyards à pâte ferme ou avec une grillade.

C’était la deuxième ou troisième fois que je goûtais une mondeuse seule (elle a souvent été mélangée au gamay et au pinot noir dans les vins de Savoie). J’avais notamment goûté une mondeuse d’un producteur biodynamique qu’avait dénichée Bertrand Mesotten, propriétaire du Moine échanson. Toute une aventure, dans ce cas-là, avec des odeurs animales et une intensité en bouche vraiment renversante. Dans tous les cas, des preuves que la mondeuse mérite sa place au soleil. Et en bouteille.

Published in: on 9 décembre , 2007 at 3:02  Comments (1)  
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