Le nebbiolo: c’est un peu plus cher, mais c’est plus que du fruit

Des vignes de nebbiolo, le capricieux roi du Piémont, près de Serralunga d'Alba.

Ça m’est venu en buvant un verre de nebbiolo d’Aldo Conterno, à la mi-décembre. Et comme presque tout ce qui me passe par la tête, je l’ai tweeté:

Et après avoir goûté d’autre nebbiolo durant les Fêtes, cette impression n’a cessé de se confirmer, pour moi: ce qui rend le nebbiolo si intéressant, c’est véritablement parce que, dans toutes ses expressions, des plus complexes et austères aux plus simples et faciles à boire, ce cépage capricieux et subtil ne se résume jamais à une simple dose de fruits. Et c’est pour ça que je l’aime tant.

Des cabernets dominés par le fruit, du gamay dominé par le fruit, même du pinot noir tout sur le fruit, ça se peut très bien. Bien sûr, on trouvera d’autres choses dans la palette aromatique des plus grands, des plus complexes. Mais dans des vins plus courants, des expressions plus simples, on sera facilement, d’abord et avant tout, presque à l’exclusion de toute autre chose, sur le fruit.

Pas avec le nebbiolo. Prenez (suite…)

Published in: on 11 janvier , 2011 at 6:00  Comments (6)  

Au vignoble, sans prétention, j’ai mauvaise réputation… (ou Du chardonnay et du gouais blanc)

Dans le monde de la vigne, il existe une certaine aristocratie des cépages. Le pinot noir, le nebbiolo, le chardonnnay, la syrah font partie de ceux qui se retrouvent au sommet de l’échelle. Au bas, l’aramon, le trebbiano, le cinsault et d’autres cépages reconnus avant tout, historiquement, pour leur très grande productivité. À une époque où l’on privilégiait le volume, ils avaient leur rôle. À une époque de surplus viticoles, (suite…)

Un cabernet pour les vignobles du Québec?

Je suis prêt à parier que la plupart des vignerons qui s’activent au Québec – ou dans d’autres vignobles plutôt nordiques – ont été inspirés par le plaisir de boire du Bordeaux ou du vin californien, plutôt que par un verre de seyval ou de Saint-Pépin.

Alors si on leur offrait de faire pousser du cabernet capable de résister aux hivers québécois, ils seraient contents, non?

Il y a bien quelques modestes tentatives. L’excellent Vignoble Le Marathonien, à Havelock, (suite…)

Vendredi du Vin 20: Dire merci avec un vin de chez soi

Le thème de Thanksgiving proposé par Doug, le créateur du moteur de recherche oenologique Ablegrape, pour le 20e Vendredi du Vin, m’a amené à réfléchir sur le sens de cette Action de grâces que l’on fête à l’automne – en octobre au Québec et en novembre aux États-Unis. Liée aux récoltes, aux remerciements offerts à la nature (et/ou à Dieu) pour les fruits obtenus de la terre, la fête d’Action de grâces est un bon moment pour regarder autour de soi et prendre la mesure de ce qui nous entoure, de ce qui fait nos vies.

Merci à la famille, aux amis, à la fortune qui nous sourit. Merci aux bonnes choses qui passent, même quand les temps sont plus durs. Il y en a toujours, si on sait y regarder.

Et pour ce faire, il convient avant tout (suite…)

Un goût de mondeuse

Ce n’est pas que j’en ai contre le cabernet sauvignon ou le chardonnay, mais j’aime bien élargir constamment mes horizons, à la recherche de nouveaux cépages, comme le macabeu, le pineau d’aunis ou le grenache gris. Plus récent arrêt sur cette route, la mondeuse, un cépage rouge cultivé essentiellement en Savoie et dans la région voisine de Bugey. Il y en a de petites quantités en Californie et en Australie, où il prend le nom de refosco, un cépage du Frioul, dans le nord de l’Italie. Bien que les deux cépages ont des parentés de goût et de caractère, le refosco n’a pourtant pas de parenté génétique avec la mondeuse, selon les tests ampélographiques dont fait état l’Oxford Companion to Wine de Jancis Robinson, entre autres sources.

En passant à la Société des alcools, j’ai attrapé au vol une Mondeuse 2004 du Domaine Dupasquier, producteur de Jongieux, en Savoie. Pas très cher (17,50$), le vin montre un beau caractère: un nez bien poivré, de la couleur, des tannins fermes, sans être envahissants, de l’épice et du fruit, avec une acidité rafraîchissante. Pas très complexe, mais diablement bon avec des fromages savoyards à pâte ferme ou avec une grillade.

C’était la deuxième ou troisième fois que je goûtais une mondeuse seule (elle a souvent été mélangée au gamay et au pinot noir dans les vins de Savoie). J’avais notamment goûté une mondeuse d’un producteur biodynamique qu’avait dénichée Bertrand Mesotten, propriétaire du Moine échanson. Toute une aventure, dans ce cas-là, avec des odeurs animales et une intensité en bouche vraiment renversante. Dans tous les cas, des preuves que la mondeuse mérite sa place au soleil. Et en bouteille.

Published in: on 9 décembre , 2007 at 3:02  Comments (1)  

Le côté tranchant du grenache gris

Vous avez déjà entendu parler du grenache gris? Probablement pas. Voilà un cépage dont on dit bien peu de choses, à part qu’il entre dans la composition des vins gris de Listel, et qu’il est apparenté aux grenaches rouges et blancs (oh surprise!). La définition dans Wikipedia est limitée et, à ma grande surprise, le célèbre Oxford Companion to Wine de Jancis Robinson n’offre même pas d’entrée propre à ce cépage qui, pourtant, du haut de ses 2600 hectares cultivés en France, le mériterait amplement.

La minéralité extraordinaire des grenaches gris de vieilles vignes, leurs arômes tranchants et puissants donnant sur le caramel brûlé, l’amande amère, le fenouil et l’abricot séché (voire le caoutchouc chauffé), voilà autant de caractéristiques extraordinaires qui ne s’effacent pas quand on y ajoute une mesure de grenache blanc, de macabeu, voire de marsanne ou de roussanne. Rien ne ressemble à ça. Et peu de blancs sont aussi costauds, quand vient le temps de les boire à table.

Par exemple, on dit fréquemment que les asperges offrent (suite…)

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