Sauvignon Blanc Laurel Vineyard 2005, Valle de San Antonio, Casa Marin

Il n’est pas toujours facile de savoir, en goûtant un vin jeune et un brin agressif, s’il est mal foutu pour toujours ou si, tout simplement, il a le côté abrasif de l’ado boutonneux aux hormones déréglées, en attendant que ça se calme et qu’il trouve une phase un peu plus harmonieuse.

Il y a trois ans, j’avais écrit sur ce blogue une note de dégustation pour le sauvignon blanc Cipreses Vineyard 2005 de la maison Casa Marin, où je notais que l’acidité était tranchante et agressive. Même si je trouvais le vin prometteur, je ne peux pas dire que, en lui-même, tout seul, sans autre avertissement, il était véritablement agréable. Comme me l’avait signalé mon ami Julien Marchand, à l’époque, le vin n’avait pas fait l’unanimité, comme en témoignaient des échanges sur le forum Fou du vin, certains trouvant que le vin manquait d’harmonie, d’autres pensant qu’il s’agissait d’un grand vin. Le fait que le vin s’était retrouvé soldé à la SAQ montrait qu’il ne faisait pas exactement l’unanimité.

J’avais parié que le temps arrangerait les choses et, à déguster hier soir l’autre cuvée du même millésime, le Laurel Vineyard 2005, je regrette presque de ne pas en être resté à l’horizon de cinq à dix ans dont j’avais parlé à l’époque.

Presque.

Parce que c’est bien bon, ça s’est joliment arrondi les angles, la couleur or pâle est magnifique, et les arômes, de façon générale, sont vraiment bien intégrés. Le pamplemousse du Cipreses, il y a trois ans, a cédé le pas à quelque chose de plus tropical, plus proche de la papaye. Il y a comme une note de crème pâtissière, aussi, voire peut-être de tarte au citron avec de la meringue. Et il reste un côté herbacé, mais gentiment, bien glissé dans le reste. Et surtout, l’acidité est encore belle, mais elle n’est plus agressive.

Grand vin, pour autant? Je n’irais pas jusque-là. Impressionnant, comme j’espérais il y a trois ans? Très satisfaisant, tout au moins. Mais c’était un vin qui méritait de vieillir pour monter ce qu’il avait dans le ventre. Il s’est vraiment bonifié, a gagné de la complexité et de la finesse – il n’a pas que vieilli. Comme bien des sauvignons, d’ailleurs, qu’ils soient de la Loire, de Bordeaux ou d’ailleurs – des vignobles catalans de chez Torres, par exemple, où le Fransola, pur sauvignon blanc, est un vin que j’apprécie toujours, encore plus à 5, 8 ou 10 ans qu’au moment où il débarque en succursale. Mais ça, c’est une autre histoire.

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  1. Ce que je me souviens de ce vin, c’est que le nez ressemblait à du jus d’asperges en conserve et que l’acidité était bien présente, voire un peu agressive. Je n’en avais acheté qu’une à l’époque et j’en étais plutôt content.

    Ton compte-rendu m’encourage surtout à être plus patient avec certains achats, même ceux qui peuvant apparaître un peu disjoints au premier abord.


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