Vendredi du vin 26: sous le marronnier des Enfants sauvages de Fitou

Une belle assemblée de copains vignerons et cavistes, tendance nature, chez Les Enfants Sauvages de Fitou

Le mieux, dans le vin, c’est de partager les bonnes choses entre copains. C’est ce qui fait tout l’enchantement de ce que j’ai dégusté, lundi dernier, chez Carolin et Nikolaus Bantlin, les vignerons bien transplantés des Enfants Sauvages, à Fitou.

Pour tout vous dire, avant ce beau repas qui s’est étiré gentiment tout l’après-midi, c’était pas des copains – sauf Tom Lubbe, du Domaine Matassa, que j’avais déjà visité en 2007, et que j’ai revu quelques fois au Québec, depuis. Tom m’avait gentiment invité à me joindre au groupe, lors de cette journée libre que je m’étais gardée, après quatre jours de malbec intensif, à Cahors.

Merci, Tom, de m’avoir ouvert la porte. À la fin de la journée passée dans cette cour intime, à l’ombre d’un magnifique maronnier, j’avais l’impression de quitter de vieux amis, presque de la famille. Un moment privilégié, avec des gens qui croient à ce qu’ils font, qui veulent donner l’expression la plus naturelle possible du vin et de la terre dont il est issu. Merci de m’avoir accueilli avec tant de générosité. Je bois encore à votre santé.

Même s’il y avait beaucoup de vignerons du coin, c’est à un caviste de Toulouse, Franck Bayard, de chez Vin Nouveau, qu’est revenu l’honneur d’ouvrir les hostilités avec une affriolante (et un peu coquine?) trilogie de blancs: Lady Chasselas, La Chute Derain et Le Petit Buisson. Vous voyez le portrait.

Enfin, pour être juste, il a commencé avec la Chute Derain, fait à Saint-Aubin par Catherine et Dominique Derain, un mousseux méthode traditionnelle fait d’aligoté, délicieux, frais, ample, avec une belle colonne vertébrale minérale. Ensuite, la Lady Chasselas de Mylène Bru faisait faire un joli détournement de cépage, prenant le cépage-roi du Valais, celui dont on fait le célèbre fendant, pour en faire un beau vin de soif, frais, désaltérant, sympathique – même s’il ne trouvait pas le soutien minéral qui fait le plaisir des meilleurs chasselas du Valais. (Petite parenthèse, un autre blogueur a vu chez Lady Chasselas un beau vin de copains pour ce VdV 26). Et finalement, il y avait ce beau sauvignon tout en courbes, ce Petit Buisson plein de fleurs et de fruits, élaboré par Thierry Puzelat quelque part entre la Touraine et le vin de table.

Après, il s’est enfilé pas mal de vins, beaucoup de bonnes discussions, parfois rigolardes, parfois plus profondes, et plein de bonne bouffe, du tartare de poissons de Carolin aux côtes de boeuf bien persillées et grillées doucement sur un feu de sarments, en passant par des anchois frais avec soya et gingembre… Tout décrire serait trop long, alors je vous fais un genre de palmarès découvertes de cet après-midi en pleine nature, dans le verre, et au pied de la garrigue, dans l’atmosphère:

– Un bourgogne rouge Cuvée l’ermitage du Domaine de la Cadette, tiré de pinot noir et de césar (20%), le césar apportant un petit caractère poivré épicé qui rend ce vin charmeur encore plus distinctif.

– Quoi d’neuf 2009, un genre de pinot noir primeur tout en soif du Domaine du Moulin d’Hervé et Isabelle Villemade, dans le Loir et Cher.

– Une belle cuvée rouge de Cyril Fhal, du Clos du Rouge-Gorge, un verre de grenache et carignan de très belle tenue; une cuvée qui a su se fair attendre, l’ami Cyril étant arrivé tardivement sur sa moto, sous les taquineries des collègues vignerons. En goûtant le vin de ce vigneron sympathique et discret, on lui pardonne bien des retards.

– Tout droit sortie de la cuve, la cuvée Les Enfants sauvages 2009 de nos hôtes Carolin et Nikolaus, ensoleillé et bien tendu, en même temps: Nikolaus le présentait avec fierté, en disant qu’il avait l’impression d’enfin atteindre ses objectifs, comme vigneron. Pour avoir goûté leur 2004, en fin de journée, je vois ce qu’il veut dire: très bonne, cette cuvée encore élégante, facile à boire, n’avait pas toute la structure et la droiture que semble promettre le 2009. À surveiller, ce domaine.

– La Pascole 2008 de Bruno Duchêne, surtout du grenache et un peu de carignan pour le garder sur le droit chemin. Fort en gueule, plein de grands éclats de rires, d’un caractère souriant et déterminé, ce vigneron sait visiblement ce qu’il fait dans son chai. Le vin est plein de rondeurs, mais avec un équilibre délicieux et tout ensoleillé. Quelqu’un qui picole avec une Pascole, c’est cool.

Ça en fait pas mal, n’est-ce pas? Mais c’est ça aussi, le bonheur du vin à plein de copains. Bien de la diversité dans le palais.

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