Transhumance 2007, Pierre Gaillard, Domaine Cottebrune, Faugères

«Tiens, un vin de Pierre Gaillard», me suis-je dit en saisissant la très jolie bouteille sur les rayons. Gaillard, un tiers du triumvirat des Vins de Vienne (avec Yves Cuilleron et François Villard), fait de très beaux vins, entre le Roussillon et son Rhône natal, avec un aplomb assez remarquable. Le nom du vin, Transhumance, qui désigne à l’origine les déplacements saisonniers des bergers et gardiens de troupeaux entre les prés estivaux et les pâturages d’hiver, est d’ailleurs un clin d’oeil aux mouvances du vigneron, qui a planté ces vignes à forte densité en 2002, aux abords du village de Faugères, dans l’Hérault.

23.45$? J’achète. Pas l’impression de prendre un trop grand risque. Mais pas l’impression que j’allais tomber sur le cul à ce point là non plus.

Un feu d’artifices au nez comme en bouche. De la mûre, de la réglisse, des épices, le tout sur une structure bien ferme, avec une trame minérale qui s’anime joliment en bouche, enrobée par des tannins souples et élégants. Les vignobles sont plantés dans du schiste, cette roche friable qui fait le bonheur des vignerons du Roussillon ou du Priorat – une preuve de plus que ce sol est vraiment un mariage idéal avec la vigne.

Si ce vin violacé et dense n’était que du fruit, il serait anecdotique, juste chaud et ensoleillé. Mais avec toute la trame qui tient le vin, toute la fraîcheur et la carrure, à la fois, qui ressortent de l’ensemble, c’est le 14% d’alcool qui semble anecdotique. Et les 16 mois en barriques, une courte trempette.

Mieux encore, le vin, assemblage de syrah, de grenache et d’un peu de mourvèdre,  a tenu à l’ouverture impeccablement pendant trois jours – et le petit reste au fond de la bouteille était encore buvable après cinq jours, même s’il devenait alors un peu rustique et carré. Je l’avais gardé là, non pas parce que je m’étais fatigué du vin, mais plutôt pour voir jusqu’où il pourrait se rendre, sous l’effet de l’oxydation. Après l’expérience, je me dis qu’il a un beau potentiel de vieillissement – si on trouve la patience de l’attendre.

Ceux qui connaissent le Pétalos, l’excellent et substantiel bierzo d’Alvaro Palacios, trouveront dans ce Transhumance un cousin Languedocien possédant des caractéristiques similaires – et tout aussi agréables. Le fruit, la structure et l’harmonie, le potentiel de vieillissement à un prix très raisonnable – encore une fois, si on parvient à y résister.

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