Le Roy de Hauteville, L’Ambroisie de Mirabel

Décidément, il y a de belles choses qui se trament dans le monde de l’érable québécois – ou plus précisément, des produits alcooliques dérivés de l’érable. L’année dernière, j’avais écrit un billet sur les excellents alcools d’érable produits dans le Témiscouata par Vallier Robert. Des produits qui ont pointé la voie vers une approche tout à fait nouvelle de la fermentation de l’érable.

D’autres s’emploient désormais à faire leur propre petit érable de chemin, comme l’équipe de L’Ambroisie de Mirabel, érablière de la région de Mirabel (bien entendu) qui prévoit aussi entrer prochainement en production de vins et de cidres. Depuis ses premiers pas en 2000, ce producteur travaille à développer des produits distinctifs, d’un mousseux de méthode traditionnelle nommé Caldeira à un genre de « madère » d’érable, Le Roy de Hauteville, vieilli longuement en barriques et en foudres de chêne.

Disponible à la SAQ, Le Roy de Hauteville livre, sous sa robe caramel limpide, une série complexe d’arômes: cèdre, caramel, cassonade, orange confite, le tout doublé d’un rancio comme celui d’un madère, un brin de fumée. Les saveurs, sur un profil très sec, vont du bacon au caramel en passant par le citron confit, l’érable et la sauce soya, avec une touche de sel et une acidité agréable qui se fait sentir un peu plus en finale.  Cette boisson est tout à fait étonnante, au point qu’il pourrait se confondre, à l’aveugle, avec de vieux Rivesaltes, des madères ou des portos tawnies. Les saveurs tout à fait spécifiques à l’érable, transformées par l’oxydation lente d’un élevage dans le chêne, rejoignent agréablement celles de cette grande famille de vins oxydatifs. De quoi en faire un très bon compagnon de fromages à pâte ferme comme un gruyère d’alpage ou un comté bien vieilli. Ou un vin apéritif à grignoter avec des noix et des fruits séchés, auprès d’un bon feu.

À 23,75$ la petite bouteille de 250 ml, le Roy de Hauteville n’est pas donné, c’est vrai. Mais compte tenu de sa méthode de production et de la durée de l’élevage, c’est probablement justifié. Et son profil tout à fait unique mérite le détour.

Il vaut les dollars de plus, par rapport au Rupin, également disponible à la SAQ, pour 18,95$ les 250 ml. Un peu plus doux, tourné un peu plus vers l’écorce d’orange, les épices et la fumée. Joli en bouche, il souffre d’un nez un peu linéaire et limité aux notes fumées et boisées. Pas vilain, mais moins réussi que Le Roy de Hauteville, un produit véritablement exceptionnel.

Dans les deux cas, ces boissons ont l’avantage de se conserver plusieurs jours après l’ouverture: ayant déjà traversé une phase d’oxydation, pendant leur vieillissement, elles sont capables de supporter un peu plus d’air en bouteille. Un avantage certain, avec des boissons aussi particulières, qui se dégustent à petites doses et dont les subtilités se révèlent d’autant mieux quand on y goûte une deuxième ou une troisième fois.

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