Un mot de chez Musar, un autre endroit pour déguster et du très très bon Bourgogne

Un article sous l’angle de la continuité, ici.

D’abord parce qu’après avoir écrit ma note de dégustation sur le Château Musar 1991, j’ai envoyé un courriel au Château pour obtenir quelques informations supplémentaires. J’ai reçu une réponse aussi rapide que gentille et précise signée Gaston Hochar, le petit-fils du fondateur, qui fait les vins avec son père Serge.

En voici un extrait, avec des infos intéressantes sur la disponibilité et la composition du Château Musar rouge:

Nos vins arrivent au Canada en petits lots, malheureusement, et il est effectivement difficile parfois de s’en procurer quelques bouteilles. Pour info, la SAQ a passé commande de quelques caisses du millésime 1993 et le LCBO de la province voisine recevra prochainement quelques caisses de différents millésimes.

En ce qui concerne les pourcentages des differents cépages inclus dans le Chateau Musar Rouge, il est en moyenne de 1/3 pour chaque cépage [Note: cabernet sauvignon, carignan, et cinsault], sachant que cette proportion varie d’année en année entre 25% et 40%.

Un grand merci, monsieur Hochar. Je garderai l’oeil ouvert.

Deuxio, un peu plus tôt cette semaine, je faisais état de diverses possibilités pour ceux et celles qui désirent déguster avant d’acheter. Eh bien, l’idée a fait du chemin, puisque Julien Marchand a ajouté ses prorpres suggestions pour les gens de Québec. Et moi, sur ces entrefaites, j’ai reçu un courriel me rappelant les Mardis vins du restaurant L’Échaudé. La formule, lancée par Robert Plamondon, le proprio de ce resto bien établi et longuement apprécié du Vieux-Port de Québec, permet à un maximum de 24 personnes de déguster 6 vins, avec une assiette de bouchées assorties. Les vins sont regroupés par thèmes – par exemple, l’Italie, ce prochain mardi.

Évidemment, la boucle serait parfaitement bouclée si un restaurant ou un bar à vins pouvait, comme c’est le cas à San Francisco, se doubler d’un marchand de vins. Vous dégustez, vous aimez, vous l’emportez. Mais en ces terres monopolistiques, ce n’est pas demain la veille qu’on verra ça ici. Bien sûr, on peut déguster en SAQ, mais ça n’est pas tout à fait la même chose.

Par exemple, l’autre soir, j’aurais bien aimé ramener à la maison une bouteille de l’Irancy 2002 d’Éric Darles, dégusté avec beaucoup de plaisir au Moine échanson, où Bertrand Mesotten sert en bonne partie des vins qu’il importe lui-même au Québec. Ce qui est le cas de cet Irancy fait, c’est rarissime, d’une majorité de cépage César, un cousin du pinot, apparemment, qui donnait ici un caractère plus poivré et épicé, avec des belles notes de sous-bois, le tout sur une bonne dose d’acidité. Un beau vin, évolué, dans un petit millésime… qui explique peut-être la présence de tout ce César. Les 2000 et 2001, également goûtés au Moine, sont à très grande majorité faits de pinot noir et sont nettement plus sur la cerise rouge et autres notes plus classiques de Bourgogne.

Bertrand a aussi, soit dit en passant, de très beaux vins venus du fond de la Loire. De chez Julien Courtois, plus précisément, le fils du seul et unique Claude Courtois. En blanc tant qu’en rouge, des cuvées très savoureuses, aux arômes intenses et distinctives. À découvrir, autant que les vins d’Éric Darles.

Mais restons en Bourgogne un instant, si vous le voulez bien. Hier soir, je participais à une dégustation de premiers crus de cette région: trois blancs, six rouges… et un pirate, tous du millésime 1999. Le pirate venait de l’Oregon: un Beaux-Frères 1999, un beau vin, avec du gras et beaucoup d’épices, dont la texture crémeuse trahissait l’origine américaine (Robert Parker est partenaire dans l’aventure avec… son beau-frère).

Seule déception de la soirée? Un Beaune Clos des Mouches de Joseph Drouhin, dont le boisé étouffait vraiment le fruit… dans le rouge, du moins, puisque le Clos des Mouches blanc, lui, s’exprimait avec une longueur en bouche vraiment exceptionnelle… et plus de fruit sous le bois.

Les vraiment beaux coups, maintenant? Un Nuits-Saint-Georges Clos des Argillières du Domaine Daniel Rion, épicé, avec des notes balsamiques au nez, de la mâche et de l’ampleur en bouche, le tout enrobé par un très beau fruit, encore très présent. Et si le Morey Saint-Denis La Riotte du Domaine Taupenot-Merme fleurait bon le gâteau forêt noire et montrait une jeunesse encore fringante, le Vougeot Les Cras du Domaine de la Vougeraie montrait le meilleur de ce que ce domaine a à offrir: Un vin velouté, avec du cuir, de la brioche, de l’iode, un peu d’épice et une jolie touche d’amerture venant structurer le tout.

Mais le héros de la soirée, pour ainsi dire, était un Vosne-Romanée Clos des Réas, du Domaine Michel Gros. Un vin qui avait de tout et son contraire. Du beurré et du gras au nez, mais aussi un fruit vif, du pain et de la torréfaction. En bouche, un effet à la fois soyeux et tannique, doux mais épicé, avec un peu de rusticité, mais aussi beaucoup d’élégance et de finesse. Un grand vin, qui vaut amplement son prix dépassant bien les 100$ la bouteille. Vraiment, un des plus beaux pinots que j’aie bu de ma vie. Et une preuve de plus que la Bourgogne, si elle sait décevoir amèrement, sait aussi produire certains des plus brillants vins de la planète. Merci.

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2 commentairesLaisser un commentaire

  1. bonjour Rémy, une petite question (par simple curiosité!)a propos des vins de l’Irancy. Je pensais que le cépage César ne pouvait entrer dans la composition qu’à hauteur de 10 % maximum, le reste en Pinot Noir…
    Un vin a majorité de César (+ que 10%) devrait etre hors AOC et déclassé en Bourgogne régional ou vin de pays ? Etait-ce le cas ?

  2. Bonjour Sébastien,

    Après vérification auprès de Bertrand Mesotten, qui l’avait vérifié auprès du vigneron, l’Irancy 2002 que j’ai goûté au Moine échanson était en fait 50/50 César et pinot noir. Et il est bien en AOC Irancy. L’AOC est-elle plus flexible qu’on le croirait? Là, je n’ai pas la réponse. Mais le vin reste une fichue belle exception.


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