Note de dégustation: Château Musar rouge 1991, Vallée de la Bekaa

Depuis la première fois que j’ai goûté du Château Musar, j’en suis un fan convaincu. Ce domaine exemplaire du Liban, dirigé par la famille Hochar depuis sa fondation par Gaston Hochar en 1930, livre des vins tout à fait originaux, avec une personnalité claire et bien définie.

L’originalité du domaine est bien exprimée par la cuvée éponyme (on trouve aussi du Hochar Père et fils et de la Cuvée Musar), dont le rouge est habituellement mis en marché au moins sept ans après avoir été vendangé. Cet automne, c’est le 1999 qui vient d’arriver dans les boutiques nord-américaines.

Résultat, le vin nous parvient à maturité, quand il est prêt à boire et bien intégré, événement rare dans un monde du vin où l’on vend dès que possible et parfois même avant d’avoir embouteillé (comme c’est le cas pour les Bordeaux en primeur). Et quand on dit à maturité, on ne veut surtout pas dire en bout de course, comme l’a bien prouvé, autour d’une tablée enthousiaste, le Musar rouge 1991.

Pourtant, à la première impression, on pourrait en croire autrement. «Oh, il est clair», a d’ailleurs commenté mon beau-père, en voyant débarquer le vin d’un air un petit peu dubitatif. En effet, la robe limpide commençait à virer briqué/orangé. Le vin avait l’allure d’un vieux pinot noir, bien qu’il soit fait de cabernet sauvignon, de cinsault et de carignan. Mais l’inquiétude allait vite s’estomper devant des arômes intenses et intrigants.

Au nez, des accents de sous-bois, de cuir et de tabac se posent en avant-plan, sur un fond changeant ou interviennent de beaux accents de fruits rouges. L’intensité du nez est bonne, mais le vin semble encore plus substantiel en bouche, où les saveurs se développent joliment sur une acidité encore bien présente. Du cèdre, du tabac, un peu d’astringence, une bonne persistence: une main de fer dans un gant de velours.

Mais la description de ce vin paradoxal ne s’arrête pas là. Après quelques gorgées, le Château Musar 1991 nous a fait sentir une finale étrangement sucrée et ronde, enveloppée par le caractère joliment gras du vin, avec un mélange de cacao et de confiture de cerise, en bouche comme au nez… qui finit par donner une belle impression de gâteau forêt noire.

Sur le site de Château Musar, des notes de dégustation du maître du domaine, Serge Hochar, datant du printemps 1992 exprimaient déjà ce paradoxe de la cuvée 1991: «Je l’ai goûté hier encore et mes premières notes étaient exceptionnelles : buvais-je du vin ou quelque liqueur de cerise?». Le carnet de vendanges parle de l’acidité élevée combinée à une concentration en sucres tout aussi élevée.

Servi avec un gigôt d’agneau ramené de l’île Manitoulin, bien frotté d’épices et d’herbes et servi rosé comme il se doit, le fruit et l’intensité du vin, ainsi que son côté rafraîchissant, répondaient très bien au côté sanguin et aux saveurs bien relevées de la viande. Une combinaison remarquable, avec du caractère à revendre.

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2 commentairesLaisser un commentaire

  1. […] parce qu’après avoir écrit ma note de dégustation sur le Château Musar 1991, j’ai envoyé un courriel au Château pour obtenir quelques informations supplémentaires. […]

  2. […] Père et Fils 2001 – Vallée de la BekkaSuite à la lecture du compte-rendu de Rémy Charest sur le Château Musar et à la recommendation d’un collègue de travail, j’ai eu l’envie de connaître […]


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