Le Cellier ibérique

C’est aujourd’hui que le premier de deux arrivages liés au magazine Cellier, l’organe haut de gamme de la SAQ, débarque sur les tablettes de succursales choisies de la Société des alcools du Québec. Consacré à l’Espagne et au Portugal, le magazine fait encore une fois très bonne figure, tout comme la quarantaine de vins sélectionnés pour cette opération.

Le magazine, en couverture, montre un couple vigneron jeune et très cool, Sara Pérez et René Barbier fils. Une belle façon d’illustrer le côté jeune, dynamique et effervescent du vignoble ibérique, qui se secoue à bien des endroits pour actualiser, de bien des façons, une longue et riche tradition viticole dont il nous reste encore bien des éléments à découvrir, de ce côté-ci de l’Atlantique.

Le Cellier de l’été 2008 offre une belle tournée des terroirs visés, en particulier du Priorat, bien décrit par Marc Chapleau, grand manitou de la publication. Le chanceux a entre autres rencontré Alvaro Palacios, vigneron-étoile de la Rioja, du Priorat et du Bierzo, dont on souligne entre autres l’attirance presque obsessive pour les terroirs que les moines avaient plantés de vignes il y a des siècles: «Car les moines sont des perfectionnistes, des penseurs, des précurseurs, la vigne ils connaissaient bien…». Il n’est pas le seul à le dire, d’ailleurs: il y a tout un travail… de moine qui avait été fait dès le Moyen-âge pour caractériser les terroirs de Bourgogne, d’Espagne ou d’ailleurs. On insiste aussi, avec raison, sur la beauté encore bien incomprise des madères et xerès, des vins oxydatifs dont la finesse et la grandeur mérite tant d’être explorée, sur des tapas, du fromage ou… du gibier, paraît-il.

Il y en a aussi pour le Québec: une entrevue avec Jacques Benoit, l’excellent et rigoureux chroniqueur de La Presse, mais aussi avec un article très intéressant sur la nature des sols où la vigne québécoise a été plantée depuis le début des années 80. Révélateur, l’article montre qu’on est encore loin de pouvoir parler avec sérieux de terroir québécois. Mais il y a quelques pistes à explorer, entre les ardoises et les argiles.

Enfin. Du côté des arrivages, j’ai sauté très vite sur le Salmos de la maison Torres, issu du domaine familial établi en Priorat il y a une douzaine d’années. Même que, curieux de voir ce qu’ils allaient faire dans ce terroir béni des dieux, j’ai ouvert la bouteille en revenant à la maison, tout à l’heure, pour évaluer les résultats de cette aventure hors-Penedès de la plus célèbre des maisons viticoles catalanes.

Résultat? Le nez de ce vin à la robe rubis, avec de légers reflets violacés, porte sur le graphite, le poivre, le pruneau et le raisin de Corinthe, enrobé d’un boisé assez généreux. La bouche, moyennement intense, livre d’intéressants éléments minéraux, comme au nez, avec quelque chose comme une réduction de balsamique et, malheureusement, un alcool un peu chaud (14,5%). Le fait que la vigne soit encore assez jeune (le domaine a commencé à être développé en 1996) explique peut-être le résultat, mais il y a aussi, possiblement, un apprentissage du terroir en cours: le Céleste, produit en Ribera del Duero par les Torres, m’avait laissé lui aussi un peu sur ma faim, contrairement aux vins du Penedès comme le Fransola ou le Mas La Plana.

J’ai également fait l’achat d’un Nosis 2005, un blanc 100% verdejo de Buil & Giné, d’un Artazuri 2006 de la maison de Navarre Artazu (à pris très doux 12,95$), et de l’Exaltos 2004, un vin à l’étiquette très animée de Dominio de Tares, maisonn fort bien cotée du Bierzo. Le Terroso 2005, un rouge sec du douro à moins de 15$ m’a également fait de l’oeil. Et sans considérations budgétaires, j’en aurais pris d’autres comme l’Aalto 2004 en Ribera del Duero (52$) ou encore le Los 800 2003, un vin du priorat à 18,95$ qui montre que cette région portée aux nues ne livre pas que des vins aux prix stratosphériques.

Parmi les arrivages du 5 juin, Les Alcusses 2005 de Sara Pérez, en D.O. Valencia, sera certainement superbe s’il a même la moitié du charme de sa vigneronne. Le rioja blanc de Marques de Caceres, 100% macabeu (ou viura, comme on dit apparemment en Rioja), les vins de Celler de Capçanes, dont j’ai déjà dit du bien ici, Les Terrasses 2005 d’Alvaro Palacios, en Priorat, le Clos Martinet 2004 (même à 65$), l’Esporao Reserva 2004, de l’Alentejo portugais, ainsi que le Post Scriptum de Chryseia, produit en Douro par Prats & Symington, retiennent aussi mon attention. Le Vilosell de Tomas Cusiné, en D.O. Costers del Segre, plaira aussi à ceux qui aiment les vins avec beaucoup de « torque » et d’intensité.

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