Nouvelle-Zélande: au-delà du sauvignon blanc

Dans un article de mon blogue anglais, en septembre dernier, j’avais eu une petite montée de lait contre le sauvignon blanc néo-zélandais et l’espèce de modèle pamplemousse-fenouil-poivron vert uniformisé qui se répand d’ailleurs vers d’autres terroirs viticoles. D’accord, ça se boit presque tout seul, du Kim Crawford, du Oyster Bay ou du Babich, mais le barrage aromatique devient à la longue passablement irritant.

Heureusement, le vignoble néo-zélandais produit bien plus que ces sauvignons qui l’ont largement fait connaître au monde. Les pinots noirs, bien sûr, en particulier ceux du Central Otago, montrent une typicité remarquable du cépage, dans un style plein de retenue, à l’échelle du Nouveau Monde tout au moins. Des vins de Craggy Range, Carrick ou Mt Difficulty m’ont toujours frappé par leur ampleur, mais aussi leur finesse, résultat d’un climat relativement frais et accueillant pour le pinot.

Dans son bastion d’origine, en Bourgogne, le pinot noir est accompagné en blanc par du chardonnay. Pas étonnant que plusieurs chroniqueurs se demandent pourquoi la Nouvelle-Zélande ne met pas plus de l’avant ses chardonnays. Choisi au hasard des étalages de la SAQ, le Chardonnay 2005 Nelson, de la maison Seifried, s’est avéré très rafraîchissant, avec des arômes très nets, une belle note de pain grillé et un équilibre très correct, le tout à prix très raisonnable. Plus près du Mâconnais que de l’Australie ou de la Californie. De quoi donner raison à ceux qui veulent voir ce cépage prendre plus de place dans les vignobles néo-zélandais.

Le riesling reçoit aussi des compliments du même genre, pour ce pays. Le riesling 2006 Waipara Valley de Mount Cass, attrapé lui aussi au hasard des rayons, a montré passablement de caractère et de raisons d’espérer que d’autres bouteilles de ce cépage nous parviennent de ce coin de l’hémisphère sud. Au nez, un caractère un brin pétrolé, tout à fait typique du riesling, apparaît d’abord, suivi de certaines notes d’agrumes fort agréables. En bouche, une acidité bien franche renforce ce côté agrume, alors qu’un côté plus gras, fruité (le vin me fait l’effet d’avoir une certaine quantité de sucre résiduel) vient enrober le tout. Sur l’étiquette, on nous explique par ailleurs que « l’influence du botrytis », cette pourriture noble qui fait la réputation du sauternes et d’autres prestigieux liquoreux, vient aussi colorer la palette aromatique. Comment et à quel point? Impossible à dire, bien que certains éléments aromatiques tirant un peu vers la pêche et les noisettes semblent confirmer la dite influence. Pas spectaculaire, mais très intéressant et original et sans le côté un brin caricatural de plusieurs sauvignons blancs.

Et si vous voulez une raison de plus d’explorer ces vins? Les deux domaines, Seifried et Mount Cass, soulignent clairement leur volonté de participer à une viticulture durable, aux impacts environnementaux minimisés. Nombreux sont les producteurs du coin qui en parlent avec une insistance certaine, d’ailleurs. À un point tel qu’on pourrait se demander parfois si, aussi louable que soit l’effort, ce n’est pas parfois au détriment du travail de la vigne et des vinifications. Encore une fois, vanter le vin « vert » ne vaut pas grand chose si le produit n’est pas à la hauteur.

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2 commentairesLaisser un commentaire

  1. Bonjour, ma femme étant Néo Zélandaise nous avons vécu 7 ans en NZ et sommes toujours passionés par la finnesse de certains vins de ce pays.

    Nous avons entendu qu’un vigneron valaisan a fait une partie de ses écoles là-bas et produit actuellement des vins en Valais.

    Le connaissez-vous?

    Aussi, avez-vous des bons plans pourobtenir des Pinot Noir ou Sauvignon Blancs de NZ en Suisse ?

    Merci d’avance.

    Jan et Rosie Sanden à Leysin

  2. D’après une brève recherche – et un article sur l’excellent blogue d’Olif – il s’agirait de Robert Taramarcaz, du Domaine des Muses. Il a étudié en Nouvelle-Zélande et dit, sur son site, faire un sauvignon blanc en conséquence.

    Pour ce qui est d’acheter du vin néo-zélandais en Suisse, je crois que certains marchands qui vendent en ligne (une recherche « vins de Nouvelle-Zélande en Suisse » sur Google vous en pointera quelques-uns) ont quelques bouteilles ici et là.

    Ceci dit, personnellement, je préfère presque toujours une arvine du Valais à un sauvignon blanc néo-zélandais.

    http://www.vinotheques.ch/index.html


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