Dégustation: S’elegas, Argiolas, Nuragus di Cagliari 2005

Nuragus di quoi? Avant de voir la bouteille, je n’avais jamais entendu parler de cette appellation contrôlée du sud de la Sardaigne. Mais c’est justement le genre de truc qui m’encourage à acheter une bouteille. Quelque chose pour sortir de l’ordinaire, pour aller voir si j’y suis.

Pour savoir de quoi il en retourne, j’ai d’abord consulté l’Oxford Companion to Wine, de Jancis Robinson et cie. Pas très encourageant. Sous « Nuragus », il est écrit: « white grape variety grown principally to produce the unremarkable varietal Nuragus di Cagliari on the island of Sardinia ».

Remarquez, quand on dans l’article sur la Sardaigne que la DOC Nuragus di Cagliari fixe le rendement maximum de cette vigne très résistante et adaptable à 140 hectolitres par hectare (près de trois fois le maximum fixé par la plupart des appellations sérieuses), on se dit qu’effectivement, la majorité de ces vins doivent être plutôt insipides.

Et pourtant, le S’elegas de la maison familiale Argiolas donne un vin d’un beau jaune paille, presque doré, aux arômes francs et bien présents. Et assez étonnants. De l’amande amère, de la pêche de vigne, un brin de poire william, un aspect un peu beurré qui se retrouve aussi en bouche… Le vin se montre presque onctueux, avec une acidité qui vous prend à revers et une finale un peu amère. Un ensemble d’impressions que j’ai goûté dans un ou deux vins de macabeu, mais rarement ailleurs. Ce n’est pas parfaitement harmonieux, mais c’est loin d’être inintéressant.

À mon avis, le désintérêt exprimé pour le nuragus est du même genre que les commentaires négatifs entendus souvent à propos du cinsault, du carignan ou de l’aramon, des cépages qu’on faisait « pisser » pour produire d’énormes volumes de vin, au début du siècle dernier. Combien de vins de carignan prouvent, aujourd’hui, à l’aide de rendements bien contrôlés et d’une vinification attentive, que ce cépage ne méritait pas sa mauvaise réputation?

Pour en revenir au Nuragus, précisons qu’avec des rillettes et des charcuteries ou des fromages à pâte dure (du pecorino sardo, venu du même coin de pays, par exemple), il se révèle sous un très beau jour. Des amandes et des noix, ou encore un plat de pâtes au jambon, olives et fromage me semblent également d’excellent mariages avec ce petit bout de patrimoine viticole méconnu.

The URI to TrackBack this entry is: https://achacunsabouteille.wordpress.com/2008/01/30/degustation-selegas-argiolas-nuragus-di-cagliari-2005/trackback/

RSS feed for comments on this post.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :