EnRoute dans les vignobles canadiens

J’attendais impatiemment, depuis le printemps, la publication d’un article sur les vins canadiens dans EnRoute, le magazine distribué à bord des avions d’Air Canada. Et pour cause, puisque c’est un projet auquel j’ai travaillé dès le mois de janvier dernier.

L’article présente six producteurs de vins canadiens (et des notes de dégustation de cinq vins d’autres producteurs), Ad Mari Usque Ad Mare – soit deux de la Colombie-Britannique, deux de l’Ontario, un du Québec et un de la Nouvelle-Écosse. Le choix des producteurs n’était pas simple, avec plus de 400 vignobles en activité au Canada. Il permet toutefois de donner une petite idée de la diversité de la production viticole canadienne, qui en offre vraiment pour tous les goûts.

L’article m’a permis de découvrir quelques trésors insoupçonnés et encore méconnus du grand public, comme les vins mousseux de Nouvelle-Écosse (les plus proches du champagne qu’il m’ait été donné de goûter hors de la Champagne) ou encore les pinots et chardonnays de Prince Edward County, un vignoble en pleine croissance situé sur une péninsule au bord du lac Ontario, au sud-ouest de Kingston. Si j’avais déjà une idée du potentiel de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, ou du Niagara, en Ontario – et aussi des domaines les plus intéressants du Québec, j’ai pu constater avec plaisir que la production ne cesse de progresser partout au pays.

Encouragé par ce tour d’horizon, j’ai poursuivi mon chemin cet été en allant visiter des vignobles de Prince Edward County et du Niagara, dégustant plus de deux cents vins en quelques jours dans les caves et vignobles. La Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique auront aussi leur tour dans un avenir rapproché, je l’espère.

Les constats de ces visites ontariennes sont très positifs. Même si la production de Prince Edward County est inégale (les vignes y ont à peine dix ans), on y trouve déjà des vins d’une belle finesse et d’une personnalité très distinctive. Dans le Niagara, le nombre de vins de haut vol, reflétant la personnalité des divers terroirs de la péninsule, va en augmentant, grâce au travail assidu et créatif de domaines comme Tawse, Le Clos Jordanne, Southbrook, Ravine, Creekside, Malivoire, Hidden Bench et bien d’autres encore.

Le travail des meilleurs oenologues canadiens vise, avec une précision croissante, à livrer des vins qui correspondent aux particularités de chaque région, voire de chaque sous-région ou de chaque vignoble. Une perspective extrêmement stimulante, qui devrait livrer des cuvées de plus en plus intéressantes.

J’y reviendrai plus en détails au cours des prochains jours – je devais, logiquement, attendre la publication de l’article avant d’aller plus loin. Ma principale difficulté est de trier l’information et de parvenir à écrire tout ce que j’ai à dire sur les vins canadiens.

Une chose est sûre: elle est très, très loin, l’époque du Baby Duck…

Le retour des festivals (de Californie et de Nouvelle-Zélande)

Le printemps, c’est l’époque où reviennent les oiseaux migrateurs, les petites fleurs et… les festivals du vin.

La preuve, c’est que le Festival des vins de Californie revient faire sa tournée annuelle au Québec et au Canada, ces jours-ci, alors que le Festival des vins de Nouvelle-Zélande suivra au mois de mai. (En passant, bravo aux Néo-Zélandais d’avoir traduit leur site en français, ce que les Californiens n’ont pas pris la peine de le faire.)

Le Festival des vins de Californie commence sa tournée de l’Est du Canada à Ottawa, ce mercredi 1er avril, avant de passer à Montréal le 2 avril, à Québec le 3 avril, puis à Toronto le 6 et à Halifax le 8. Les événements de Québec et de Montréal ont l’avantage d’être des activités-bénéfice pour, respectivement, la Fondation Élan et la Fondation des maladies du coeur

La liste des producteurs présents, même si elle varie un peu de ville en ville, comprend toujours des participants extrêmement intéressants comme Heitz Cellars, Calera, Seghesio, Ravenswood, Bonny Doon, Bonterra, Kenwood, Hahn Estates, L’Aventure, Hess Collection et Jordan, pour ne nommer que ceux-là.

Dans le cas de la Nouvelle-Zélande, les événements ont lieu le 19 mai à Montréal, le 21 à Toronto, le 26 à Calgary et le 28 à Vancouver. La liste des participants n’est pas encore connue. On y reviendra.

Salon des vins de Québec: Yquem, Gretzky et compagnie

C’est parti. Le tout premier Salon des vins et spiritueux de Québec a ouvert ses portes hier dans la bonne humeur et l’enthousiasme. Déjà, en fin de matinée, période ouverte exclusivement aux professionnels – les médias, mais aussi, bien sûr, les gens de la restauration -, les visiteurs étaient nombreux à faire le tour des centaines de vins de partout sur la planète présentés, dans bien des cas, par ceux qui les produisent.

Dans un espace bien aménagé, passablement aéré, (Lire la suite…)

Le Salon des vins de Québec: plus gros que Montréal?

Pour des nouvelles plus récentes, lisez aussi une entrevue avec le président du Salon, René Lafontaine, et la liste des soupers vignerons prévus dans les restos de Québec autour de l’événement.

En présentant, hier, la programmation du tout premier Salon des vins et spiritueux de Québec, qui aura lieu du 13 au 15 mars au Centre des congrès de Québec, les organisateurs devaient certainement avoir le sentiment du devoir accompli – pour la première manche. Ils ont en effet réussi à réunir dans la capitale un nombre impressionnant d’exposants et de participants: “plus qu’au Salon de Montréal”, souligne  Vincent Lafortune, vice-président du Salon.

En chiffres plus précis, (Lire la suite…)

Qu’a bu Obama à Ottawa? Du cidre de glace (entre autres).

À la veille de l’investiture de Barack Obama, un article de la revue Slate faisait le point sur l’état des vins servis à la Maison-Blanche sous George Bush. Un état assez déplorable, soulignait l’auteur, avec beaucoup de jeune jus de planche (“juvenile behemoths”) qui perpétuait les stéréotypes du gros vin américain.

Pourquoi ne pas plutôt servir des vins arrivés à maturité, des grands crus comme l’Amérique est bel et bien capable d’en offrir? Et pourquoi pas, tant qu’à y être, mettre fin à l’obligation de servir seulement du vin américain à la Maison-Blanche? Une politique destinée à montrer au monde que les États-Unis peuvent produire du bon vin est-elle toujours aussi nécessaire? Bonne question.

Pour les vins canadiens, tout est encore à prouver, à l’échelle internationale. Alors l’obligation du 24, Sussex de servir les vins d’ici reste entière. D’ailleurs – et la question vaut aussi pour les États-Unis, la France, le Chili – si on ne le fait pas nous-mêmes, qui le fera pour nous?

Le sommelier François Chartier répondait clairement dans ce sens avec une belle liste de suggestions 100% canadienne, d’une côte à l’autre, présentée dans une chronique du 6 février intitulée “Comment recevoir la visite présidentielle?“.

L’a-t-on écouté? (Lire la suite…)

Vendredi du vin 21: Voyages en Grèce et en Hongrie

 

L’invitation au voyage de l’ami Julien Marchand, pour le 21e Vendredi du vin, était irrésistible: sorir des sentiers battus (c’est-à-dire des 10 premiers producteurs mondiaux de vin) à la recherche de saveurs peut-être un brin moins connues et de cépages moins internationaux.

C’est du moins comme ça que j’ai choisi de l’interpréter. Car le Canada ne faisant pas partie des 10 premiers producteurs mondiaux, j’aurais pu opter pour un vin canadien et ne pas aller voir beaucoup plus loin.

Prenez ce cabernet sauvignon 2006 Black Sage Vineyard de Sumac Ridge, un des plus vieux vignobles en activité dans l’Okanagan. Une belle bouteille, intense, concentrée, avec des arômes de fruits noirs et de café – de liqueur de café, même – un bon équilibre en bouche, sur un taux d’alcool de 13,5%. Voilà qui n’aurait pas démérité, pour ce VdV.

Mais bon, je voulais aller voir plus loin. Et dans le secteur “Autres pays” de ma succursale du coin de la SAQ, je suis tombé sur (Lire la suite…)

Le Québec, société distincte… du vin

Statistique Canada a publié hier des données intéressantes sur l’évolution de la consommation de bière, de vin et de spiritueux au pays, des données qui montrent encore une fois que le Québec, dans ce domaine comme dans bien d’autres, suit sa propre voie.

Dans l’ensemble du pays, la consommation de vin a continué de progresser de façon significative, au fil des dix dernières années. Si la bière est loin d’être détrônée, comme boisson alcoolisée des Canadiens/Canadiennes, le changement d’habitudes est significatif:

Les parts de marché des trois types de boissons alcoolisées ont évolué considérablement au cours de la dernière décennie. En 1997, (Lire la suite…)

Publié dans:  on 10 juin , 2008 at 4:12 Commentaires (1)
Tags: , , , , ,

Vendredis du Vin 14: d’un peu partout, que je viens

Il avait l’air un peu anodin, mais c’est tout un thème que j’ai fini par choisir comme entrée en matière à l’animation des Vendredis du Vin. En posant simplement la question “Tu viens d’où, toi?”, j’ai l’impression d’avoir ouvert bien des portes.

À la limite, le thème interpelle tous les vins du dit Nouveau Monde, puisque la vitis vinifera est originaire d’Europe et qu’elle a donc été transplantée dans tous les vignobles des Amériques et d’Océanie. Alors, on dit quoi? Que tous les vins du Nouveau Monde sortent de nulle part? Quand il y a des zinfandels centenaires en Californie et des cabernets sauvignons francs de pied depuis 150 ans dans la Vallée Centrale du Chili? Pas sûr qu’on puisse aller jusque-là. Sauf qu’à l’inverse, (Lire la suite…)

Dégustation: Clos Jordanne, Pinot noir village réserve 2004, Niagara Peninsula

La première fois que j’ai dégusté les pinots noirs (et un chardonnay) du Clos Jordanne, création conjointe de Boisset et de Vincor, c’était à l’automne 2006, en préparation d’un arrivage de nouveaux vins de la revue Cellier, en compagnie des Connaisseurs de la SAQ. Une fort belle dégustation de vins des Amériques où ces pinots bio s’étaient démarqués par leur finesse et leur subtilité. Un beau contraste, quand on déguste une cinquantaine de vins d’un continent qui tend à favoriser la puissance et l’exubérance.

C’est donc sans hésiter que je me suis procuré quelques bouteilles du millésime 2004, le premier commercialisé par la maison, lors de leur arrivée en succursale, au printemps 2007. Les vignes sont donc très jeunes, mais malgré tout, le vin montre une très grande promesse. Une bonne acidité, des arômes de fruit rouge (Lire la suite…)

Le vin parfait pour le ragoût de pattes

Le ragoût de pattes et de boulettes, grand classique du temps des Fêtes, se trouve drôlement délaissé dans les recommandations de vins et mets. Ni le guide de François Chartier, ni celui de Michel Phaneuf ne font de suggestion à cet effet. Et sur Internet, je n’ai guère trouvé que deux recommandations sur le ragoût de boulettes, dans un article du site Jobboom (!), celles de Frédéric Gauthier, sommelier à l’Utopie, à Québec, et de Jessica Harnois, ex-sommelière du Globe, à Montréal, aujourd’hui à l’emploi de la SAQ.

Étant toujours prêt à me sacrifier pour la bonne cause, j’ai donc fait quelques tests (Lire la suite…)